[Club de lecture – Une chambre à nous] Destins de femmes fortes et inspirantes dans des romans historiques

Bonjour à tous,

Après une longue période sans connexion (ou presque) à internet, due d’abord à un voyage et ensuite à un déménagement, me voici de retour avec une série d’articles regroupant, toujours de façon thématique, mes dernières lectures et mes récentes participations à divers challenges et clubs de lecture.

L’heure est venue de faire le bilan de la session d’août-septembre du club de lecture féministe Une chambre à nous. Les livres sélectionnées en cette fin d’été étaient des romans historiques d’environ 500 pages inspirés de faits réels, relatant le destin de femmes fortes et inspirantes, écrits par deux autrices qui ne m’étaient pas inconnues. D’ailleurs, j’avais déjà lu l’un d’entre eux et ça me permet à nouveau de mettre en parallèle sur ce blog mes récentes découvertes littéraires avec des lectures plus anciennes.

Dans cet article

La part des flammes, Gaëlle Nohant, 545 pages, 💜💜💜💜💜
Prodigieuses créatures, Tracy Chevalier, 413 pages, 💚💚💚💚

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

Une chambre à nous, qu’est-ce que c’est ?

Le club de lecture Une chambre à nous, organisé par les booktubeuses Opalyne et Tête de Litote (et nommé en hommage à Virginia Woolf), propose de découvrir des romans, essais, témoignages ou encore bandes-dessinées qui tournent autour du féminisme, que ce soit la mise en avant d’autrices méconnues, des témoignages de femmes aux destins inspirants ou des fictions problématisant la place de la femme dans la société. La liste des œuvres proposées jusqu’à présent est disponible ici (sur mon profil Livraddict).

Chaque session dure deux mois et se concentre sur deux ouvrages qui tournent autour d’une même thématique. J’apprécie particulièrement cette formule de club de lecture qui nous permet de choisir de lire le livre qui nous inspire le plus (ou de lire les deux), et surtout de prendre notre temps pour chaque lecture. N’hésitez pas à nous rejoindre sur Facebook pour parler de nos avis sur ces livres et pour découvrir la sélection d’octobre-novembre 2017.

La part des flammes, Gaëlle Nohant, 545 pages, 💜💜💜💜💜

Titre : La part des flammes
Auteur : Gaëlle Nohant
Editeur : Editions Héloïse d’Ormesson / Le livre de poche
Date de publication : 2015
Langue originale : français (France)
Genre : Historique – Roman choral
Nombre de pages : 545
Mon avis : Petit coup de cœur, 4,5/5 💜💜💜💜💜
Date de lecture : août-septembre 2017

La part des flammes est un roman à la fois brillant et plein d’imperfections.

Basé sur un fait réel ayant eu lieu à Paris en mai 1897, il raconte le destin de trois femmes de la haute société parisienne qui bascule le jour de l’incendie du Bazar de la Charité, un évènement mondain de la plus haute importance dont la troisième édition tournera au drame, faisant plus d’une centaine de victimes – principalement des femmes – et endeuillant toute la population. L’intrigue du roman se concentre également sur la vie d’un jeune journaliste qui va lancer sa carrière en relatant l’incendie et ses suites. Le roman a également pour héros un cocher dévoué qui sauvera plusieurs femmes en risquant sa vie au plus près des flammes. Agrémenté de plusieurs coupures de presse authentiques et de quelques personnages ayant réellement existé, le récit est extrêmement bien documenté.

Pour être franche, les 100 premières pages m’ont agacée et ennuyée : j’ai trouvé le style trop pompeux, trop ampoulé ; je confondais les personnages, présentés trop vite sans que j’aie eu le temps de m’y attacher, et les évènements qui se déroulent avant l’incendie ne m’ont pas vraiment intéressée.

Mais petit à petit (est-ce le style qui a évolué ou moi qui me suis habituée à cette lecture ?), j’ai pris conscience que la langue, riche et dense, était grandement maîtrisée, jusqu’à acquérir un bluffant niveau de perfection dans certains passages, et que le style prenait tout son charme au fil des péripéties, qui deviennent de plus en plus poignantes.

Prenons par exemple la description de l’incendie. Gaëlle Nohant a su nous rendre l’horreur du drame avec finesse et justesse. Ses descriptions m’ont rappelé celles de l’incendie de l’Innovation, dont nous avons récemment commémoré le 50e anniversaire, et qui avait eu lieu en mai 1967 dans ce grand magasin de la rue Neuve à Bruxelles. Point de départ du roman, le drame donnera à l’autrice un prétexte pour évoquer toutes les caractéristiques de la société de l’époque et pour rassembler des personnages qui n’auraient jamais pu se rencontrer autrement.

Un autre passage qui m’a particulièrement bluffée est celui qui raconte, intercalé au milieu d’une représentation théâtrale à laquelle elle assiste, le passé de la comtesse Violaine de Raezal. Brillant par son style et par sa force narrative, il dit tous les sentiments qui déchirent la comtesse sans jamais s’encombrer de grossièretés. Néanmoins, j’aurais aimé découvrir ce passage plus tôt dans le roman pour pouvoir m’attacher plus vite au personnage de Violaine. De même, j’aurais aimé que chaque passage en compagnie d’un personnage s’étale sur plus de pages au lieu de sauter si vite de l’un à l’autre.

Je citerai également comme témoin de la force psychologique de ce roman le moment où Gaëlle Nohant évoque la réouverture des théâtres après l’incendie. Elle décrit à merveille comment ces lieux incarnent d’une part le plaisir, la fête, la détente et d’autre part le danger de la foule et des grands rassemblements auxquels les parisiens ont désormais peur de se rendre. Ce passage est d’une actualité bouleversante et l’on ne peut pas ne pas penser aux récents attentats qui ont eu une influence sur nos modes de vie.

Petit coup de cœur, donc, pour ce roman qui mérite vraiment d’être lu ! Je le conseille aux férus de romans historiques qui aiment se replonger dans l’ambiance de la fin du XIXe siècle et à tous ceux qui adorent les pavés plein de rebondissements.

Extrait« Ce ne serait pas facile, c’était sa parole contre celle d’une victime, sa parole contre celle d’une marquise. Il n’avait pour lui que la force de conviction que confère l’innocence, et il faudrait bien que cela suffit. »

Ce n’était pas ma première découverte de l’autrice puisqu’en avril 2015, en vacances en Bretagne, j’avais lu son premier roman, L’ancre des rêves, qui se déroule dans un petit village de la côte bretonne et met en scène une fratrie victime d’horribles cauchemars, séquestrés par une mère qui refuse de les laisser s’approcher de la mer.

J’avais été séduite par sa sublime couverture (chez Pocket) et j’avais beaucoup apprécié le style et l’ambiance de ce roman aux accents fantastiques et effrayants, bien que le dénouement n’ait pas été à la hauteur de mes attentes. Si cette lecture vous intéresse, sachez qu’il vient d’être réédité chez Le livre de poche.

En tout cas, pour moi, Gaëlle Nohant est indéniablement une plume à suivre et j’ai hâte de découvrir son tout nouvel opus, Légende d’un dormeur éveillé, une biographie de Robert Desnos.

Prodigieuses créatures, Tracy Chevalier, 413 pages, 💚💚💚💚

Titre : Prodigieuses créatures (Remarkable Creatures)
Auteur : Tracy Chevalier
Editeur : Éditions de La Table Ronde / Le livre de poche
Date de publication : 2009 (VO) – 2010 (VF)
Langue originale : anglais (USA)
Genre : Biographie – Historique – Science
Nombre de pages : 413
Mon avis : Très bon livre, 4/5, 💚💚💚💚
Date de lecture
: juillet 2011

Le choix effectué par Opalyne me donne l’occasion de vous parler de Tracy Chevalier, et en particulier de ce roman qui m’a beaucoup plu lorsque je l’ai lu – il y a 6 ans déjà. Mon avis ne pourra donc pas être aussi détaillé que celui que j’ai écrit pour La part des flammes mais j’en garde un très bon souvenir.

Cette biographie raconte la vie de Mary Anning, une paléontologue britannique qui récoltait des fossiles sur les plages du sud de l’Angleterre pour subvenir aux besoins de sa famille et qui s’est très vite intéressée à l’origine des espèces. Bien entendu, en tant que jeune femme de la classe ouvrière, elle fut confrontée au scepticisme des éminents scientifiques de l’époque (début 1800) face à ses découvertes, mais elle sera finalement reconnue.

La plume de Tracy Chevalier est très immersive. Elle a l’art de retranscrire des ambiances et rien que d’y penser, je me retrouve penchée sous une fine bruine à inspecter le sol d’une plage du Dorset à la recherche de minuscules bouts de fossiles.

Ce roman est aussi une très belle histoire d’amitié entre deux femmes que tout oppose, notamment leur âge et leur classe sociale. L’intrépide Mary Anning et l’acerbe Elisabeth Philpot, au-delà des rivalités auxquelles elles devront faire face, vont finalement s’entraider et se soutenir face à l’hostilité ambiante, tant dans le camp scientifique que religieux.

Ce roman biographique traite les thèmes de la recherche scientifique, de l’amitié, de la condition sociale, de la religion et du genre de façon à nous toucher durablement. Tout comme La part des flammes, je le conseille à tous ceux qui aiment apprendre de nouvelles choses en lisant de la fiction.

Sachez que le roman va être adapté au cinéma prochainement.

Extrait : « Ce ne sont pas que des pierres, avais-je tenté d’expliquer. Ce sont des corps qui se sont changés en pierre, les corps de créatures qui vivaient il y a très longtemps. Lorsqu’on les trouve, c’est la première fois qu’ils s’offrent à la vue depuis des milliers d’années… »

J’espère que cet article vous a plu et vous aura donné envie
de vous plonger dans un bon roman historique  !
À bientôt !

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3 réflexions au sujet de « [Club de lecture – Une chambre à nous] Destins de femmes fortes et inspirantes dans des romans historiques »

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