[Avis lecture – Romans / Nouvelles] Escapades au Viêt Nam en moins de 200 pages

Bonjour à tous ! 🙂

Après mes escapades littéraires au Japon puis dans les grandes plaines de l’ouest américain, j’ai décidé de retourner en Asie afin de découvrir un pays qui m’était totalement inconnu : le Viêt Nam !

Le premier article consacré à ce pays nous fera voyager en moins de 200 pages, avec des romans courts et un recueil de nouvelle. J’ai reçu le premier dans la box Exploratology, j’ai emprunté le deuxième à ma petite sœur et le troisième à ma mère.

Dans cet article :

Nostalgie de la rizière, Anna Moï, éd. de l’Aube, 221 pages, 💙💙💙
Mãn, Kim Thúy, éd. Liana Lévi, 144 pages, 💙💙💙
Le novice. L’histoire vraie de Quan Âm Thi Kinh, Thich Nhat Hanh, éd. Le courrier du livre, 163 pages, 💙💙💙

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

Bien que je n’aie pas eu de coup de cœur pour ces livres, ils ont globalement répondu à mes attentes en terme de découverte de ce pays. J’avais également choisi de lire L’amant de Marguerite Duras mais je vous en parlerai dans un autre article thématique car il évoque finalement bien peu le Viêt Nam.

Nous continuerons ces escapades vietnamiennes avec des romans plus longs et des BD. J’ai déjà quelques idées mais si vous avez des suggestions, n’hésitez pas !

Nostalgie de la rizière, Anna Moï, éd. de l’Aube, 221 pages, 💙💙💙

Titre : Nostalgie de la rizière (comprend les recueils L’écho des rizières et Parfum de pagode)
Auteur : Anna Moï
Editeur : Editions de l’Aube
Date de publication : 2001 et 2003 puis 2012
Langue originale : français (Viêt Nam / France)
Genre : Nouvelles — Contemporain
Nombre de pages : 221
Mon avis : Bon livre, 3/5, 💙💙💙
Date de lecture 
: juin-juillet 2017

Ce recueil de nouvelles, reçu dans la box Exploratology de juin 2016, est le résultat de la compilation de deux recueils écrits en français par la viêtnamienne Anna Moï : L’écho des rizières (2001) et Parfum de pagode (2003). Chaque recueil comporte environ 20 nouvelles, ce qui fait de cet ouvrage une succession de 38 textes écrits le plus souvent à la première personne par une femme qui se souvient de son Viêt Nam natal et qui vit désormais en France.

J’ai fait le choix de lire ce recueil en une traite, même si Marjorie d’Exploratology nous conseillait plutôt de picorer parmi les textes entre deux lectures plus difficiles. Ce sont deux façons de lire ce genre d’ouvrage et en général, je préfère lire tous les textes l’un à la suite de l’autre, comme un bon roman, pour m’imprégner de l’atmosphère du recueil.

J’ai apprécié le style, fluide, poétique, tout en retenue et en simplicité. On retrouve également de savoureuses touches d’humour qui apportent une proximité émotionnelle avec la narratrice.

Dans la première partie, Anna Moï accorde une place importante à la musique car l’héroïne prend des cours de chant. Elle évoque ainsi avec douceur le travail de la voix comme instrument, mais aussi du souffle, de la respiration, et l’importance du chef d’orchestre. La musique est alors l’occasion de parallèles avec la vie et de considérations sur « son » Viêt Nam natal.

Cette partie du recueil m’a beaucoup plu et m’a permis, comme je le souhaitais, de m’imprégner de ce pays par petites bribes de souvenirs, de descriptions, de moments du quotidien et de réflexions. On y découvre des coutumes, des croyances, des modes de vie, des paysages et des façons de penser par le biais d’une narratrice qui évoque tantôt sa grand-mère, tantôt sa mère, et puis sa propre existence.

La deuxième partie du recueil est moins poétique, plus descriptive, avec des nouvelles plus longues qui m’ont moins touchée. J’ai été un peu déçue de sentir si fort cette transition entre les deux recueils et, si le style a continué de me plaire, j’ai terminé ma lecture sur une note en demi-teinte.

Je vous conseille néanmoins ce livre, mais attention, ne vous attendez pas à des nouvelles à chute : ce sont plutôt des souvenirs, des bribes de vie qui prennent sens l’une par rapport à l’autre, dans l’intimité et dans une intériorité poétique.

Pour ceux qui l’ont déjà lu, mes nouvelles favorites sont « Endorphines », « La montagne sacrée », « Amputations », « Le fusil et le violoncelle », « Sécheresse » et « Pamplemousses ».

Extrait : « Pour mes enfants, je préfère des repères que nul ne peut leur enlever, ni guerre ni tremblement de terre. Des repères immatériels, comme les histoires, par le sursis qu’elles procurent, jour après jour, pendant mille et une nuits, ou plus. »

Mãn, Kim Thúy, éd. Liana Lévi, 144 pages, 💙💙💙

Titre : Mãn
Auteur : Kim Thúy
Editeur : Liana Lévi
Date de publication : 2013
Langue originale : français (Viêt Nam / Canada)
Genre : Contemporain — Roman
Nombre de pages : 144
Mon avis : Bon livre, 3/5, 💙💙💙
Date de lecture : juillet 2017

Lorsque ma mère est revenue de la librairie avec Ru, un roman de Kim Thúy, je lui ai fait part de mon intention de découvrir la littérature viêtnamienne et elle m’a suggéré de lire d’abord Mãn. Ces titres courts (Ru, Mãn, Vi) m’avaient déjà intriguée lorsque j’étais par hasard tombée sur la page Livraddict de cette autrice et j’ai donc profité du week-end à 1000 de juillet pour dévorer celui-ci en une traite.

Le roman se présente sous la forme de minuscules chapitres (parfois moins d’une page) dont le titre – un unique mot – est inscrit dans la marge à la fois en viêtnamien et en français. J’ai beaucoup apprécié l’idée de mettre l’accent ces mots et de nous faire part de leur traduction.

Avec ses descriptions de plats typiques de la cuisine viêtnamienne, le roman m’a fait pensé au Restaurant de l’amour retrouvé d’Ogawa Ito, qui racontait aussi la vie d’une jeune femme qui ouvre un restaurant avec l’aide de ses proches. Avec son évocation de l’immigration viêtnamienne au Canada, il m’a rappelé le destin de ces femmes japonaises dans Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka. Son histoire d’amour, quant à elle m’a rappelé les récits d’Aki Shimazaki et d’Haruki Murakami. Il me semble que mes récentes lectures asiatiques commencent à se faire écho dans mon esprit !

Le roman alterne entre plusieurs sujets : la cuisine, les mœurs viêtnamiens, la guerre du Viêt Nam, l’amitié, le mariage, la fidélité, l’amour, la découverte d’un nouveau pays, et c’est la notion d’intime qui rassemble présent et passé dans ce récit à la fois mélancolique et gai, narré à la première personne.

C’est doux et tendre, agréable à lire, joliment écrit, subtil, mais parfois un peu décousu puisqu’il s’agit de souvenirs. Finalement, ces minuscules chapitres étaient parfois aussi distincts l’un de l’autre que les nouvelles du recueil d’Anna Moï. C’est ce qui m’a légèrement déplu.

Je conseille ce roman à tous ceux qui aiment les textes tout en lenteur et en délicatesse ainsi qu’à ceux qui ressentent la nostalgie de leur pays natal.

Extrait : « À la veille des fiançailles, la salle brillait de rouge, non pas rouge d’amour mais rouge de chance. Par superstition, chaque cadeau doit être enveloppé de cette couleur de bonne fortune car tous les mariés ont besoin de beaucoup de chance pour trouver l’équilibre permettant à deux personnes de construire une seule et même vie, qui devra à son tour en soutenir d’autres. »

Le novice. L’histoire vraie de Quan Âm Thi Kinh, Thich Nhat Hanh, éd. Le courrier du livre, 163 pages, 💙💙💙

Titre : Le novice. L’histoire vraie de Quan Âm Thi Kinh
Auteur : Thich Nhat Hanh
Editeur : Le courrier du livre
Date de publication : 2011 (VO) – 2012 (VF)
Langue originale : vietnamien (Viêt Nam)
Genre : Biographie — Enseignement bouddhiste
Nombre de pages : 163
Mon avis : Bon livre, 3/5, 💙💙💙
Date de lecture : septembre 2017

Le novice pourrait être considéré comme l’équivalent d’une hagiographie, c’est-à-dire l’histoire de la vie d’une personne sainte qui donne lieu à une légende populaire connue de tous. Ce texte est rédigé par le moine bouddhiste zen Thich Nhat Hanh à l’attention des occidentaux pour, justement, leur faire parvenir cet héritage.

Il raconte l’histoire d’une jeune femme vietnamienne qui fut très tôt attirée par la vie monastique, à une époque où le bouddhisme n’était pas encore très répandu dans son pays. Elle prend la décision de quitter sa famille et de se déguiser en homme afin d’entrer comme novice dans un monastère. Un jour, une jeune femme du village va l’accuser d’être le père de son enfant et elle devra faire un choix entre révéler son identité pour faire taire définitivement les fausses accusations et garder sa place au monastère.

Le dénouement est particulièrement émouvant et cette œuvre nous permet de nous imprégner de la sagesse bouddhiste et des piliers de la pratique de la pleine conscience tout en découvrant une histoire très populaire au Viêt Nam.

Le texte est écrit de façon très didactique et met l’accent sur la pratique monastique. Au début, j’ai été un peu déroutée par le style, très saccadé, très pédagogique. Je pense qu’il doit se lire comme une sorte conte commenté plutôt que comme une simple biographie.

Le court roman est suivi de plusieurs annexes qui nous éclairent sur l’héritage de Quan Âm Thi Kinh et sur la pratique de l’amour véritable telle que le bouddhisme la conçoit. Ces annexes évoquent aussi les actions menées par Thich Nhat Hanh et sa communauté afin de venir en aide aux populations vietnamiennes avant et après la guerre. J’ai trouvé ces textes intéressants, pertinents et éclairants.

Une très bonne entrée en matière, donc, dans ce qu’est la vision bouddhiste de la relation à l’autre, aux autres et à l’humanité toute entière. Ces modes de pensée sont extrêmement éloignés des nôtres, il y a un effort à faire pour les comprendre profondément, et je pense que l’objectif de Thich Nhat Hanh est de nous y aider. C’est réussi !

Extrait : « Votre maître n’exige pas de ses disciples qu’ils soient parfaits et ne commettent jamais d’erreur, non, vous et moi ne sommes naturellement pas des saints. La seule chose que votre maître attende de vous, c’est que lorsque vous commettez une erreur, vous appreniez une leçon afin de ne jamais répéter cette faute à l’avenir. Si vous êtes capables de faire cela, je serai toujours présent pour vous soutenir, que ce soit de mon vivant ou au-delà. »

J’espère que cet article vous a plu !
N’hésitez pas à aller découvrir mes autres
escapades littéraires pour un dépaysement garanti.

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