[Avis lecture] Destins de femmes en Iran

Bonjour à tous ! 🙂

Aujourd’hui je vous propose de partir à la découverte de l’Iran sous le regard des femmes, et ce à travers trois romans très contemporains, parus en français entre 2011 et 2016. Publiées chez Grasset, Zulma et Liana Levi, trois autrices racontent le destin de plusieurs héroïnes en abordant leur quotidien, leur vie de famille, leur condition de femme, l’histoire de leur pays, leur sexualité, leurs croyances, leurs combats, leur déracinement, leur identité. Les voix de ces femmes résonnent encore en moi. Ce furent trois lectures très enrichissantes, qui m’ont beaucoup appris sur cet immense pays que je connaissais très peu. 

Dans cet article

C’est moi qui éteins les lumières, Zoyâ Pirzâd, 💚💚💚💚
Les putes voilées n’iront jamais au Paradis !, Chahdortt Djavann, 💚💚💚💚
Désorientale
, Négar Djavadi, 💙💙💙

LÉGENDE
 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

C’est moi qui éteins les lumières, Zoyâ Pirzâd, éd. Zulma (2001), 💚💚💚💚

Titre : C’est moi qui éteins les lumières
Auteur : Zoyâ Pirzâd
Editeur : Zulma
Date de publication : 2001 (VO), 2011 (VF)
Langue originale : persan (Iran)
Traducteur : Christophe Balaÿ
Genre : Contemporain — Récit intimiste
Nombre de pages : 288
Date de lecture : novembre 2017
Mon avis : Très bon livre, 4/5, 💚💚💚💚

Reçu dans la box Exploratology, j’ai lu ce roman très rapidement, d’abord lors d’un trajet en train vers Paris puis durant le week-end à 1000 de novembre 2017.

Ce récit raconte, en toute simplicité, le quotidien d’une femme au foyer, mère de trois enfants, et ses relations avec sa famille, sa belle-famille et ses voisins. Tout ce petit monde ne cesse de se retrouver dans sa cuisine et rêve de mariage, s’interdit de parler politique, traduit des livres, émet des jugements sur la vie des autres, organise des spectacles de fin d’année, joue dans le jardin, cuisine ou planifie des conférences sur le statut des femmes dans la société iranienne. Clarisse, de nature introvertie, aimerait trouver un peu de temps pour elle au milieu toute cette agitation…

C’est un roman qui aborde la condition des arméniens en Iran. En effet, Clarisse est arménienne, donc chrétienne, et vit dans un pays très marqué par l’islam. J’ai appris beaucoup de choses sur la vie des arméniens d’Iran, et c’est ce que je retiendrai principalement de ce roman, ainsi que son ambiance intimiste, parfaitement retranscrite.

On est immédiatement plongés dans l’atmosphère confinée de cette ville où les voisins sont aussi envahissants que la famille et où l’on fini par n’avoir plus un moment à soi. On vit vraiment dans la tête de Clarisse : lorsqu’elle nous rapporte une conversation, elle mentionne aussi les gestes qu’elle fait, les choses qu’elle regarde et les pensées qui lui viennent à l’esprit, parfois bien loin de la conversation à laquelle elle prend part. Il s’agit donc d’une lecture très intime.

Si la plupart du temps le roman a su retenir mon intérêt, j’avoue que je me suis un peu lassée, à certains moments, de ces (magnifiques!) descriptions des petits instants du quotidien. Le style est un peu trop répétitif à mon goût.

Néanmoins, j’ai apprécié ce roman car je me suis beaucoup identifiée au personnage de Clarisse : son désir d’avoir de temps en temps l’occasion d’être seule avec elle-même, son amour pour les livres et les histoires, le fait que lorsqu’elle parle de livres on ne peut plus l’arrêter, son esprit très observateur, et bien d’autres éléments qui m’ont rappelé mon propre caractère.

Tout au long du roman, Clarisse nous fait part de son sentiment que, parfois, tout le monde se préoccupe uniquement de lui et qu’elle-même ne s’en laisse pas l’occasion, se préoccupant essentiellement des autres et n’ayant personne pour se soucier d’elle. Le roman raconte la lente transition vers cette prise de conscience dans la vie d’une mère de famille. Clarisse voit ses enfants grandir, s’éloigner d’elle, et son mari qui ne changera jamais, avec ses bons et ses mauvais côtés qu’elle connait par cœur. Elle cherche sa place au milieu des autres.

Concernant les personnages secondaires, le fils est trop peu présent, le comportement des jumelles m’a particulièrement agacée : je n’ai pas su m’attacher à ces enfants. Alice, par contre, la soeur de l’héroïne, est elle aussi agaçante, mais d’une bonne façon : elle incarne le portrait d’une femme avec ses obsessions, ses défauts (elle est très égocentrique) et ses qualités (notamment son immense gentillesse), une femme qui ne perds pas l’espoir de se trouver un mari. Par ailleurs, son rôle fait avancer le récit, ce qui contribue à faire d’elle un personnage très réussi.

En bref, ce roman est une sorte de voyage intime à la rencontre des gens, au plus près de leur quotidien : pendant près de 300 pages, on est embarqués dans cette petite ville, on discute avec nos voisins, on reçoit notre famille, on se rend à le fête de l’école, puis au club et on finit par prendre part à la vie associative du quartier. On en ressort chamboulé par la constante animation qui y règne et apaisé par les pensées de la sensible Clarisse.

Une belle découverte, tout en délicatesse et en sincérité.

Extrait : « J’étais très énervée. À cause de Nina qui m’avait forcée à organiser ce dîner pour, selon son expression, arranger la rencontre entre d’Émile et de Violette ; pour Alice qui ne pensait qu’à elle ; ma mère qui ne pensait qu’à Alice ; les enfants qui étaient tout heureux, et Artush qui ne pensait qu’à son jeu d’échecs. Pourquoi personne ne pensait à moi ? Pourquoi personne ne me demandais ce que je voulais ?
Mon côté affectueux demanda : toi qu’est-ce que tu veux ? Je lui répondis : je voudrais être seule quelques heures par jour. J’aimerais parler avec quelqu’un de ce que j’aime. Mon côté critique me prit au mot : tu veux être seule, ou bien parler avec quelqu’un ? »

Les putes voilées n’iront jamais au Paradis !, Chahdortt Djavann, éd. Grasset (2016), 💚💚💚💚

Titre : Les putes voilées n’iront jamais au Paradis !
Auteur : Chahdortt Djavann
Editeur : Grasset / Le livre de poche
Date de publication : 2016
Langue originale : français (France/Iran)
Genre : Contemporain — Roman choral — Témoignages fictifs
Nombre de pages : 205
Date de lecture : février 2018
Mon avis : Très bon livre, 4/5, 💚💚💚💚

Lecture coup de poing.

Le titre, déjà, laisse présager de l’impact qu’un tel ouvrage peut avoir sur son lecteur. Il s’agit en effet d’un récit extrêmement violent. Cru. Puissant. Dérangeant. Révoltant. Poignant. Percutant. Et instructif.

Dans un Iran contemporain, deux jeunes filles tentent d’échapper à la misère dans laquelle les ont plongées leur pauvreté et leur condition de femme, tandis que des prostituées se font assassiner l’une après l’autre. Le récit fait alterner de courts chapitres qui narrent d’une part l’adolescence de ces deux jolies femmes en quête de liberté et d’autre part des témoignages de prostituées qui abordent sans tabou des sujets variés tels que la politique, la religion et la sexualité.

Mariages forcés, viols, violences, pédophilie, proxénétisme, port du tchador, assassinats… on découvre à travers les yeux de ces héroïnes une société régie par des lois hypocrites et dégradantes qui considèrent les femmes comme des objets.

Comme je ne savais pas grand chose de ce livre avant de le commencer et que j’étais un peu secouée par les faits décrits, je me suis demandée, à la page 55, s’il était basé sur des faits réels ou non. Je tourne la page et tombe justement sur un chapitre intitulé « Fiction ou pas fiction ? » dans lequel l’autrice, le temps d’un aparté, se confie à ses lecteurs sur les origines de ce livre. J’ai trouvé cette coïncidence particulièrement amusante et elle confirme, pour moi, la qualité de ce récit.

Basé sur un fait réel, la vague d’assassinats de prostituées qui a eu lieu dans plusieurs villes d’Iran au début des années 2000, ce roman est une fiction qui a pour but de faire entendre la voix de celles que l’on fait taire. Ainsi, en 205 pages, ce texte fait à la fois office de documentaire sur la condition des femmes en Iran, de plaidoyer contre l’intégrisme islamiste et d’ouvrage anthropologique sur le rôle de la prostitution dans la société.

Il faut savoir que l’autrice, née en Iran, voilée de force suite à la Révolution islamiste, est anthropologue. C’est une femme engagée qui a écrit (en français) de nombreux essais. Cette lecture m’a donné envie de lire son essai Bas les voiles !, un ouvrage sur le port du voile publié en 2003.

Une seule petite déception me vient à l’esprit lorsque je pense à ce roman : le récit des deux héroïnes aurait mérité quelques chapitres supplémentaires. Elles sont malheureusement englouties par les voix des nombreuses prostituées et leur destin, bien que bouleversant, est traité trop rapidement et nous laisse sur notre faim. Mais cette légère inégalité dans le traitement des personnages ne gâche en rien la qualité globale du livre !

Une excellents lecture, une lecture douloureuse, que je recommande vivement (si vous avez le cœur bien accroché) !

Extrait : « Un rien fait de vous une pute, dans cette contrée. Femme, dès qu’on vous remarque, pour quelque raison que ce soit, vous êtes forcément une pute. Une femme vertueuse est une femme invisible. Un tchador noir que rien ne distingue des autres tchadors. Un tchador seul, sur une route déserte, si austèrement fermé qu’il soit, se fait remarquer. Il s’y cache donc une pute. »

Désorientale, Négar Djavadi, éd. Liana Levi (2016), 💙💙💙

Titre : Désorientale
Auteur : Négar Djavadi
Editeur : Liana Levi (le roman vient de sortir en poche dans la coll. Piccolo)
Date de publication : 2016
Langue originale : français (France/Iran)
Genre : Contemporain — Saga familiale
Nombre de pages : 347
Prix littéraire : nombreux prix dont Prix Prem1ère (RTBF), Prix du style, Meilleur premier roman français LIRE, Prix Terres de parole, Prix Roman News, etc.
Date de lecture : avril 2018
Mon avis : Bon livre, 3/5, 💙💙💙

Dans une salle d’attente d’hôpital typiquement parisienne où personne ne se parle, où les regards s’évitent, Kimiâ songe à son enfance en Iran où l’ambiance aurait été à l’opposé de ce silence poli. Replongeant dans ses souvenirs douloureux, la jeune femme, installée en Europe depuis 30 ans, dresse le portrait, par l’intime, des révolutions et coups d’état qui ont ravagé l’Iran au XXe siècle. Ainsi, au fil des pages, elle nous racontera le destin de sa famille, sur trois générations.

Ce livre est globalement excellent. Mais j’ai un avis mitigé. Pas mitigé comme d’habitude, lorsque j’aime certaines choses et moins d’autres. Ici, l’impression globale est que c’était brillant mais en même temps confus. Je pense que cette sensation est due à la construction narrative, bien trop peu structurée à mon goût.

L’autrice a souhaité organiser son récit comme un authentique conte persan, une façon de narrer une histoire très orale, avec de nombreuses digressions, des parenthèses, des flash back, des interruptions et des passages du coq à l’âne. Si cet hommage aux conteurs orientaux fait sens dans cette fresque iranienne, pour moi, le récit manquait d’un squelette bien défini.

Car la construction non chronologique a engendré pour moi une confusion entre les personnages pendant le premier tiers du roman, et les passages trop courts qui se succédaient ont fait que j’ai mis du temps pour lire ce livre. Ça m’a agacée de ne pas être totalement prise dedans, de ne pas lire plus de dix pages à la fois.

Comme le dit Négar Djavadi, c’est le fait de prendre la parole, de se mettre à raconter, qui fait que les souvenirs ressurgissent. Selon elle, cette façon de relater un passé traumatisant est donc aussi une façon de décortiquer la manière dont la mémoire fonctionne.

Malheureusement, le ressenti qui en ressort pour moi est surtout un tumulte un peu brouillon. Propre à l’Iran, selon Négar Djavadi, car l’Iranien aime parler, l’Iranien raconte des histoires, commente tout, vit en communauté, n’aime pas le silence. C’est un véritable choc culturel qui s’est produit en moi, et une réussite stylistique, sans doute, car cet incessant brouhaha m’a beaucoup perturbée.

Il faut dire que s’est ajouté à cela ma méconnaissance de l’histoire de l’Iran, qui a aussi été un frein à ma lecture. Le livre est plein de références précises à des noms, des dates, des lieux. Je pense que les personnes qui suivaient l’actualité pendant les années 1970 et 1980 – personnes auxquelles l’autrice s’adresse directement dans le roman, à coup de « vous vous souvenez » – auront bien plus de facilité que moi à aborder les aspects politiques de ce roman qui, s’il explique et rappelle des faits en notes de bas de page, n’est certainement pas la lecture conseillée pour une première découverte de l’histoire contemporaine du Moyen-Orient.

Une lecture exigeante, donc. Mais malgré ces difficultés, jai envie de vous recommander ce livre ! Je veux vous dire de foncer pour découvrir cette magnifique histoire, bouleversante, pleine de tendresse et de fracas. Cette héroïne désorientée. Ces réflexions profondes sur le déracinement, la mémoire et l’identité. Ces phrases si justes, ces mots si forts, ce quotidien à la fois si proche et si éloigné du nôtre. Ce réalisme puissant, à vous donner des frissons.

Au début de ma lecture, j’ai cru qu’il s’agissait d’un roman autobiographique tant il était précis, réaliste, intimiste et foisonnant de détails. Négar Djavadi admet qu’il y a dans son livre des parts autobiographiques car elle est elle-même iranienne, fille d’opposants politiques ayant quitté l’Iran clandestinement, mais elle n’a pas souhaité raconter sa propre histoire. Elle a voulu créer une héroïne qui pourrait parler de la France et de l’Iran avec le même regard un peu extérieur. Ainsi, notre héroïne, homosexuelle, s’est toujours sentie marginale et rejetée. Les cultures orientales et occidentales ont beau être opposées sur bien des points, elles se rejoignent ce rejet. Kimiâ, ne se sentant pleinement intégrée dans aucune culture, peut rire, analyser, critiquer, admirer ou encore détailler chacune d’entre elle. C’est un aspect qui est très réussi (j’ai savouré les clins d’œil à la culture belge).

À travers ce récit, Négar Djavadi évoque aussi la relation très forte qu’entretiennent la France et l’Iran depuis des siècles. Ces familles d’intellectuels francophiles qui apprennent le français dès le plus jeune âge et idéalisent la France, ou font des études en France. Dès lors, j’ai été étonnée de trouver dans ce livre de nombreuses fautes de français (ex: « Nous ne voulions plus retourner en Asie, comme si cela aurait signifié un échec de plus ») et je ne sais pas si c’est un effet de style permettant d’insister sur le fait que le français n’est pas la langue maternelle de la narratrice ou de véritables erreurs dues à une mauvaise correction. Un point à éclaircir.

Pour conclure, ce qui m’a le plus plu est qu’il s’agit d’un récit extrêmement réaliste. De l’enfance insouciante dans les montagnes iraniennes à la salle d’attente parisienne en vue d’une insémination artificielle, c’est la vie, avec ses hauts et ses bas, ses petites coïncidences, ses rencontres, ses incroyables épisodes mais aussi ses instants de doute, ses errances, ses échecs, ses rencontres. Le livre est tellement bourré de petits détails totalement anecdotiques qu’on croirait une autobiographie d’une grande précision, et c’est très appréciable.

Bref, ce fut une lecture un peu ardue mais je suis contente de l’avoir lu car, si je passe outre le style décousu, cette histoire m’a bouleversée !

Source : interview de Négar Djavadi par la librairie Mollat

Extrait : « À vrai dire, rien ne ressemble plus à l’exil que la naissance. S’arracher par instinct de survie ou par nécessité, avec violence et espoir, à sa demeure première, à sa coque protectrice, pour être propulsé dans un monde inconnu où il faut s’accommoder sans cesse des regards curieux. »

Sur le même thème:

Persepolis, Marjane Satrapi, éd. L’Association (2000-2003)

Incontournable pour les lecteurs qui s’intéresse au destin des femmes et des familles iraniennes exilées en Europe, et à la révolution de 1979, cette bande-dessinée autobiographique a pour caractéristique une narration par une enfant de neuf ans, des dessins en noir et blanc et un immense succès dans le monde entier. J’étais un peu jeune lorsque je l’ai lue donc je suis probablement passée à côté de beaucoup de choses, mais l’essentiel est le destin de cette petite fille dont la vie a soudain été bouleversée par des évènements politiques dont elle ne comprenait pas l’ampleur. À relire !

J’espère que cet article vous a plu. 🙂
Si vous avez des recommandations de lectures iraniennes
ou de bouleversants destins de femmes, n’hésitez pas.

D’autres destins de femmes sur le blog :

Destins de femmes dans des romans historiques
Dans l'intimité du corps des femmes
Escapades au Viêt Nam en moins de 200 pages

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4 réflexions au sujet de « [Avis lecture] Destins de femmes en Iran »

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