[Challenge Cold Winter] Récits imaginaires au cœur de l’hiver

Bonjour à tous,

Dans cet article, bilan du Challenge Cold Winter 2017-2018, je vous donne mon avis sur les livres lus dans le cadre du menu intitulé « Flocons magiques ». Il s’agit donc de trois récits faisant partie des littératures de l’imaginaire qui se déroulent dans une ambiance hivernale. J’ai d’abord choisi deux récits francophones, l’un de science-fiction, qui parle d’un futur où la terre a été recouverte de glace et l’autre de fantasy, où les flocons de neige tourbillonnent dans les ruelles d’une ville dont les habitants subissent le terrible pouvoir d’un gouvernement tyrannique. Le troisième livre dont je vais vous parler est un grand classique de la fantasy anglo-saxonne contemporaine. J’ai lu le deuxième tome, dont l’intrigue se déroule en plein cœur de l’hiver. Si vous n’avez pas peur de prendre froid, blotti sous votre plaid au coin du feu, ces romans sont donc parfaitement de saison pour encore un bon mois. 😉

Dans cet article

❄ La Compagnie des glaces, tome 1, G.-J. Arnaud, 190 pages, 💚💚💚💚
❄ 
Le combat d’hiver
, Jean-Claude Mourlevat, 331 pages, 💙💙💙
❄ L’Assassin royal, tome 2 : L’assassin du roi, Robin Hobb, 415 pages, 💚💚💚💚

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

 La Compagnie des glaces, tome 1, La Compagnie des glaces, G.-J. Arnaud (éd. French pulp), 190 pages, 💚💚💚💚

Titre : La Compagnie des glaces, tome 1 : La Compagnie des glaces
Auteur : G.-J. Arnaud
Editeur : French pulp éditions
Date de publication : 1980
Langue originale : français (France)
Genre : Science-fiction — Roman-feuilleton
Nombre de pages : 190
Date de lecture : décembre 2017
Prix littéraires : Prix Apollo 1988
Mon avis : Très bon livre, 4/5, 💚💚💚💚

Longtemps, dans mon esprit, j’ai confondu La Horde du Contrevent et La Compagnie des glaces. Deux romans de SFFF francophones, rédigés par un auteur français de sexe masculin, et dont le titre indiquait à la fois un groupe de personnes et des éléments naturels. La comparaison s’arrête là : La Horde du Contrevent, roman polyphonique au style recherché, d’une incroyable densité, comporte un seul tome tandis que La Compagnie des glaces, roman-feuilleton de type page turner nous donne à suivre les aventures d’un glaciologue qui va tenter de lutter contre les agissements de la fameuse Compagnie, et compte un total de 98 tomes. On découvre à la lecture que la Horde est constituée d’un groupe de 24 hommes tandis que la Compagnie est une puissante société qui a fait fortune dans les chemins de fer. Ces deux récits sont donc différents sur bien des points. Mais la constante présence du vent dans le premier et la menace extrême du froid dans le second font de ces deux textes des œuvres où la nature – puissante, dangereuse et destructrice – est élevée au rang de personnage à part entière.

Dans un futur plus ou moins proche, la lune a explosé et la terre s’est vue entièrement recouverte d’une couche de glace. C’est le scénario qu’a imaginé G.-J. Arnaud pour donner naissance à La Compagnie des glacesle plus grand cycle de science-fiction jamais écrit par un seul et même auteur. Il comporte 98 tomes, publiés entre 1980 et 2005 :
La Compagnie des glaces, 62 tomes
Les Chroniques glaciaires, 11 tomes (divisés en 4 cycles), préquelle
La Compagnie des glaces : Nouvelle époque, 24 tomes

Dans l’univers décrit par G.-J. Arnaud, on trouve un pouvoir en place qui est en train de virer à la dictature, une guerre qui fait rage dans les terres lointaines, un immense système de chemin de fer qui contrôle tout, des gares sous dôme, des forêts sous glace, des marginaux qui tentent de vivre en-dehors des codes de la société, des hommes étrangement résistants au froid qui subissent racisme et esclavage, des lieux luxueux où s’adonner à tous les vices, des livres disparus, des travaux de recherche censurés et des scientifiques qui voient leur travail anéanti tandis qu’ils commencent à mener l’enquête sur quelque chose qu’ils n’auraient pas dû voir. Tous les ingrédients sont là pour faire un récit palpitant. Et ça n’a pas manqué : j’ai adoré !

C’est exactement le genre de roman que j’aime lire : un univers riche et intelligent qui montre toute son étendue (tant géographique qu’intellectuelle) au fil des pages ; des personnages qui commencent à découvrir des secrets que les puissants de ce monde veulent leur cacher ; des héros qui mène l’enquête au péril de leur vie. Tout est fait pour me séduire ! Et lorsqu’en plus ces fameuses découvertes impliquent des connaissances anthropologiques et des recherches en bibliothèque, vous vous en doutez, je suis entièrement conquise.

Divertissante, addictive et originale, cette saga ravira les fans d’anticipation old school.

Un petit mot sur l’édition de ces romans, qui est une entreprise assez colossale et fastidieuse : les 36 premiers tomes ont été édités chez Fleuve noir et depuis 2016, French Pulp a décidé de rééditer l’intégralité de la série sous forme d’intégrales reprenant chacun deux tomes. Si cette jeune maison d’édition a su faire de très belles couvertures et redonner un nouvel attrait à cette ancienne saga, il y a malheureusement de nombreuses fautes de frappe dans l’édition (points ou apostrophes au milieu des phrases, noms propres mal orthographiés), ce qui est fort regrettable. De plus, la rigidité des ouvrages rend la lecture difficile. Dommage !

Malgré ce petit inconfort de type éditorial, je compte bien lire la suite, en espérant que French Pulp publie l’intégralité de la saga (au moins le premier cycle) !

 Le combat d’hiver, Jean-Claude Mourlevat (éd. Gallimard Jeunesse), 331 pages, 💙💙💙

Titre : Le combat d’hiver
Auteur : Jean-Claude Mourlevat
Editeur : Gallimard Jeunesse
Date de publication : 2006
Langue originale : français (France)
Genre : Jeunesse — Fantasy
Nombre de pages : 331
Date de lecture : décembre 2017
Prix littéraires : Prix France Télévision 2006, Prix Livrentête 2007, Prix Saint-Exupéry 2007, Prix Ado- Lisant 2008, Prix Sorcières 2008, Prix des Incorruptibles 2008
Mon avis : Bon livre, 3,5/5, 💙💙💙

Le combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat est un roman de fantasy francophone pour la jeunesse. L’ambiance dégagée par Mourlevat m’a fait penser à la fois au film « Les Choristes » de Christophe Barratier, avec son internat et l’importance donnée à la musique, au roman Tant que nous sommes vivants d’Anne-Laure Bondoux avec ses thèmes très noirs dans un roman destiné à la jeunesse, et aux récents récits dystopiques young adult tels que Hunger Games ou encore Une braise sous la cendre avec la barbarie de ses combats et la place accordée aux adolescents dans la lutte contre le pouvoir en place.

Nous sommes d’abord plongés dans un internat pour filles aux règles ultra strictes, où la cruauté fait office de punition et où la liberté individuelle semble inexistante. Les adolescentes vont peu à peu comprendre ce qu’on a toujours voulu leur cacher : quinze ans plus tôt, leurs parents ont perdu leur rébellion face à un gouvernement totalitaire, et ces internats sont en réalité des prisons où sont enfermés les enfants des résistants.

C’est un roman plein d’action et de rebondissements. C’est aussi un roman plein d’espoir. Il s’en dégage un intense désir de liberté porté par le courage de quatre adolescents qui osent prendre leur destin en main et, malgré les risques, se rebellent contre le pouvoir en place. C’est aussi une apologie de la solidarité et une perpétuelle ode à la musique.

Un roman plein de qualités, donc. Néanmoins, j’ai trouvé particulièrement dommage que les héros soient autant assimilés à leurs parents qu’ils n’ont jamais connus. Même si l’intrigue est basée sur la reprise d’une lutte perdue par la génération précédente, il m’a semblé que ces ressemblances parfois quasi mimétiques déforçaient l’histoire. Tous ces retours vers le passé, ces similitudes, échouent à faire de nos jeunes héros des individus à part entière.

Concernant le traitement des histoires d’amour, thème important dans ce roman, je suis partagée : autant elles commencent de façon un peu stéréotypées, lors de furtives rencontres interdites entre garçons et filles, autant elles se développent de façon à devenir belles et touchantes, loin des clichés du genre. Elles plairont sûrement aux adolescents.

J’avais hâte de découvrir Jean-Claude Mourlevat mais, si je n’ai pas été déçue concernant sa plume, j’ai un avis plus mitigé sur l’intrigue de ce roman. Ce fut une lecture agréable mais sans plus : je trouve que certains thèmes auraient pu être plus creusés, qu’on a du mal à s’attacher aux personnages et que le milieu du roman souffre de quelques longueurs. J’ai néanmoins été émue par la fin, et j’ai passé un bon moment en compagnie de ces adolescents en quête de liberté qui apprennent que la vie peut être parfois tellement belle et parfois bien cruelle.

Mention spéciale pour la couverture qui est juste sublime et qui entre en résonance avec toutes les étapes du récit, car les ponts et le froid en sont des éléments clés. J’adore ce type d’illustrations qui résument à elles seules toute la portée d’un roman.

Je conseille ce livre aux adolescents qui aiment l’aventure, à ceux qui dévorent les dystopies et qui n’ont pas peur des thématiques sombres dans leurs lectures. Je le recommande également à ceux qui ont peur de se lancer dans la fantasy, de peur d’être un peu perdu dans ces univers inconnus, car celui-ci a tout d’un roman hyper réaliste, à l’exception de quelques personnages tels les hommes-chevaux et les hommes-chiens.

❄ L’Assassin royal, tome 2 : L’assassin du roi, Robin Hobb (éd. J’ai lu), 415 pages,💚💚💚💚

Titre : L’Assassin royal, tome 2 : L’assassin du roi
Auteur : Robin Hobb
Editeur : J’ai lu
Date de publication : 1996 en VO, 1999 en VF
Langue originale : anglais (USA)
Genre : Fantasy médiévale — Saga
Nombre de pages : 415
Date de lecture : janvier 2018
Mon avis : Très bon livre, 4/5, 💚💚💚💚

Je vous déconseille de faire comme moi, à savoir lire le premier tome en février 2013 et le deuxième tome cinq ans plus tard, en janvier 2018 ! Malgré les quelques résumés spoilants glanés sur le net, je ne me souvenais plus de l’intrigue du premier tome et je me sentais complètement perdue au début de ma lecture. Néanmoins, en dépit des zones d’ombres qui persistent dans mes souvenirs, cette lecture a su m’emporter et je l’ai dévorée bien plus vite que prévu !

En effet, je gardais en mémoire un premier tome dont la lecture avait été assez laborieuse. Je ne sais pas si c’est dû au style ou à la lenteur de l’intrigue mais à l’époque, j’avais mis des semaines pour lire les 500 pages de cet opus, et c’est probablement pour cette raison que, malgré un grand intérêt pour l’histoire, j’ai mis tant d’années à me décider à lire la suite.

Il faut savoir que ce deuxième volume n’est en réalité qu’une moitié de tome, puisque Royal assassin, publié en 1996, est paru en deux volumes distincts dans sa traduction française : L’assassin du roi et La Nef du crépuscule (c’est le même principe que pour Le Trône de fer). Mon avis sera bref car il ne concerne donc qu’un tout petit bout d’une bien longue saga.

Le début est un peu lent à se mettre en place, il est très descriptif, mais la lecture est agréable et je fus contente de retrouver Fitz, le héros et narrateur de cette histoire.

Pour ne pas trop dévoiler l’intrigue (il est difficile de donner son avis sur un tome 2), je dirais que ce tome est le récit de la solitude. Dans une ambiance hivernale parfaitement adaptée à ces élans de mélancolie et de chagrin, l’autrice nous confronte à plusieurs personnages plongés dans des abysses de solitude.

Solitude du héros, d’abord, qui, avec son statut particulier de bâtard royal et d’assassin, est amené à mentir à la plupart des gens qu’il côtoie. Solitude de la future reine, récemment arrivée à la cour, étrangère à ses coutumes et délaissée par son mari. Solitude du futur roi qui ressent le poids de l’immense tâche de protection du royaume peser sur ses seules épaules. Solitude du maître du héros, qui vit reclus dans une tour du château sous une fausse identité. Solitude du fou, qui partage sa marginalité avec plusieurs protagonistes principaux. Solitude du maître des écuries qui n’a ni femme ni enfants avec qui partager sa vie, dédiée au soin des animaux. Solitude de la jeune orpheline qui doit recommencer à vivre après avoir tout perdu, et enfin solitude du jeune loup en cage qui cherche désespérément une meute. Ainsi, ce n’est pas l’action qui est au coeur de ce livre mais bien la psychologie des personnages, mettant en avant la lenteur des jours qui s’écoulent au château tandis que les attaques d’affreux pirates déciment les populations des Six Duchés.

On sent qu’il s’agit d’un tome de transition car il prépare la venue de nouveaux personnages et de nouvelles quêtes pour nos héros, alors j’ai hâte de lire la suite de cette saga, oeuvre de référence pour la fantasy médiévale contemporaine. Un incontournable pour les amateurs de châteaux forts et d’intrigues de cour.

J’espère que cet article vous a plu.
À très bientôt pour de nouveaux challenges
livresques pour affronter le froid de l’hiver ! 🙂

Mon bilan du Challenge Cold Winter 2017-2018 
Escapades en Norvège 
Escapades dans les montagnes tibétaines 
Escapades dans le grand Nord en moins de 200 pages

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Publicités

11 réflexions au sujet de « [Challenge Cold Winter] Récits imaginaires au cœur de l’hiver »

  1. Je suis assez d’accord avec ce que tu dis du « Combat d’Hiver ». Ou plus exactement, j’en garde un souvenir tellement vague (une certaine confusion dans l’intrigue, et l’impression de ne pas avoir accroché à 100% avec l’histoire) que ça fait du bien de lire ce que tu en as pensé, toi qui l’as lu récemment !

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : [Challenge Cold Winter] Escapades dans le grand Nord en moins de 200 pages | Rien de tel que…

  3. Ping : [Pile à Lire] Rien de tel que de participer au Challenge Cold Winter | Rien de tel que…

  4. Ping : [Challenge Cold Winter] Escapades en Norvège | Rien de tel que…

  5. Ping : [Challenge Cold Winter] Escapades dans les montagnes tibétaines | Rien de tel que…

  6. Ping : [Avis lecture] Enquêtes dans un Paris imaginaire | Rien de tel que…

  7. Ping : [Avis lecture] Dystopies classiques nord-américaines | Rien de tel que…

Rien de tel que de laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s