[Challenge Cold Winter] Escapades dans les montagnes tibétaines

Bonjour à tous ! 😀

Pendant le Challenge Cold Winter (qui commence tout doucement à toucher à sa fin), certaines de mes lectures m’ont portée vers les montagnes d’Asie et plus précisément vers les hauts sommets de l’Himalaya. C’est à travers trois bandes-dessinées basées sur des histoires vraies et un recueil de nouvelles que je vous emmène à la découverte du Tibet.

Dans cet article

🏔 Une vie avec Alexandra David-Néel, livres 1 et 2, Fred Campoy et Mathieu Blanchot (éd. Bamboo), 2×95 pages, 💙💙💙
❄ 
Neige, Pema Tseden (éd. Picquier), 184 pages, 💚💚💚💚
🗺 Comment je ne suis pas devenu moine, Jean-Sébastien Bérubé (éd. Futuropolis), 226 pages, 💛💛

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜


🏔 Une vie avec Alexandra David-Néel, livres 1 et 2, Fred Campoy et Mathieu Blanchot (éd. Bamboo), 2×95 pages, 💙💙💙

Titre : Une vie avec Alexandra David-Néel (livres 1 et 2)
Auteurs :
– Scénario : Fred Campoy (d’après Marie-Madeleine Peyronnet)
– Dessins : Mathieu Blanchot et Fred Campoy
Editeur : Bamboo Édition (coll. Grand Angle)
Date de publication : 2016 (t.1), 2017 (t.2)
Langue originale : français (France)
Genre : BD — Biographie — Récit de vie
Nombre de pages : 95 + 95
Date de lecture : décembre 2017
Mon avis : Bon livre, 3/5, 💙💙💙

Cette bande-dessinée biographique est adaptée de Dix ans avec Alexandra David-Néel, l’autobiographie de Marie-Madeleine Peyronnet, secrétaire et gouvernante d’Alexandra David-Néel à la fin de sa longue vie.

Le récit commence lors de leur rencontre, en 1959. L’exploratrice orientaliste belgo-française, alors âgée de 90 ans, occupe ses journées à la rédaction de ses mémoires et à diverses traductions. Très érudite, elle fut la première femme occidentale à pénétrer à Lhassa (Tibet) et son envie de voyage et de connaissances ne la quittera jamais.

Les deux tomes de cette bande-dessinée alternent entre souvenirs d’Alexandra et vie avec Marie-Madeleine, ce deuxième aspect étant le plus mis en avant. Il est préférable de les lire l’un à la suite de l’autre car ils forment une unité narrative. Chaque tome est clos par un texte informatif, le premier sur la vie d’Alexandra David-Néel, le second sur les arts orientaux et le bouddhisme tibétain. Dans les deux ouvrages, on retrouve également une description de l’apport d’Alexandra David-Néel – qui a rapporté de nombreux souvenirs de ses voyages – au Musée national des arts asiatiques de Guimet (MNAAG).

Le parti pris d’illustrer les passages retraçant la relation entre Alexandra et Marie-Maderleine dans les tons sépias et les souvenirs de l’exploratrice en couleurs est particulièrement intéressant. Les dessins sont beaux et expressifs, pleins de vie et fourmillent de détails. J’ai également adoré le découpage en trois cases horizontales de chaque page présentant les aventures de l’orientaliste en Asie, changeant la dynamique de la bande-dessiné pour nous laisser rêveur sur ces somptueux paysages tandis que la vielle femme, désormais incapable de voyager, est recluse dans une maison qui porte le poids de ses souvenirs et de ses regrets.

C’est un récit émouvant, qui combine la vie de deux femmes solitaires et indépendantes, nous livrant avec brio leur intimité et leur relation complexe. C’est aussi un texte plein d’humour, car les deux amies n’en manquaient pas. Elles ne manquaient pas, non plus, de détermination, et la vie de ces femmes éprises de liberté pourra se résumer par la devise de l’exploratrice : « Marche comme ton cœur te mène, et selon le regard de tes yeux ».

Je me demande, par contre, comment peut être reçue cette bande-dessinée par quelqu’un qui ignore tout de la vie d’Alexandra David-Néel, car les premières pages sont abruptes et nous poussent de prime abord à la détester. J’ai trouvé ça vraiment dommage !

Mais c’est probablement le sentiment qu’a eu Marie-Madeleine Peyronnet la première fois qu’elle a rencontré cette vieille dame dont elle ne savait rien. Puis, fascinée par son intelligence et sa vivacité d’esprit, elle a tout quitté pour devenir la dame de compagnie de ses vieux jours et a fini par s’attacher à elle, même si l’orientaliste lui a parfois fait vivre un véritable enfer.

C’est le récit de cette fascination pour la vie de l’exploratrice d’une part et la description de son caractère bien trempé d’autre part qui forment l’intrigue de cette bande-dessinée biographique.

L’an dernier à la même époque, pour le Challenge Cold Winter, j’avais découvert les voyages d’Alexandra David-Néel à travers la bande-dessinée de la collection Explora (Glénat) qui lui est consacrée. Je trouve que les deux ouvrages se complètent très bien : dans celui publié chez Glénat, qui se concentre sur la partie exploration, vous découvrirez dans le détail la traversée – solitaire et illégale – des montagnes tibétaines jusqu’à Lhassa par Alexandra David-Néel et son futur fils adoptif Aphur Yongden. Dans la duologie publiée chez Bamboo, vous connaîtrez la personnalité et le caractère d’Alexandra David-Néel à travers le récit de sa fin de vie en compagnie de Marie-Madeleine Peyronnet. Je suppose que pour connaître pleinement la vie de cette femme hors du commun, il s’agira ensuite de lire l’un de ses très nombreux ouvrages, par exemple Voyage d’une Parisienne à Lhassa (1927) ou encore sa correspondance avec son mari, publiée posthume par Peyronnet.

Je vous recommande donc vivement cette duologie émouvante mais uniquement si vous connaissez déjà des pans de la vie et de l’œuvre d’Alexandra David-Néel, au risque de la détester ou de rester sur votre faim concernant le récit de ses périples à travers l’Asie.

❄ Neige, Pema Tseden (éd. Picquier), 184 pages, 💚💚💚💚

Titre : Neige
Titres des sept nouvelles contenues dans le recueil : Neige, Hommes et chiens, L’interview d’Akhu Thöpa, Le neuvième homme, Huit moutons, Les dents d’Urgyän, Tharlo
Auteur : Pema Tseden
Editeur : Picquier
Date de publication : entre 1999 et 2012
Langue originale : tibétain et chinois (Tibet)
Genre : Recueil de nouvelles
Nombre de pages : 184
Date de lecture : janvier 2018
Mon avis : Très bon livre, 4/5, 💚💚💚💚

Et c’est encore une très belle découverte littéraire avec cette deuxième lecture de l’année 2018 !

Ce petit recueil de nouvelles nous emmène dans les montagnes de l’Himalaya à la rencontre du peuple tibétain : les textes, souvent empreints de réalisme social, nous permettent de découvrir la population rurale et son quotidien, marqué à la fois par la tradition et par la modernité.

La particularité de cet ouvrage, c’est qu’il reprend des textes traduits du tibétain et d’autres originalement rédigés en chinois. Les sept récits, publiés entre 1999 et 2012, ont été choisis par l’auteur lui-même pour former ce recueil. Ainsi, des traditions rurales aux problèmes identitaires liés à l’immersion de la culture chinoise ; de la pratique du bouddhisme aux rencontres amoureuses en passant par les croyances locales, Pema Tseden dresse un portrait sensible et varié du Tibet contemporain.

Une écriture simple et accessible nous plonge dans des récits très structurés, toujours narrés avec une pointe d’humour et, surtout, remplis d’humanité. Ainsi, les différences culturelles entre le lecteur occidental et les héros tibétains s’effacent au profit d’un sentiment d’appartenance à une même communauté.

L’auteur est également connu pour ses réalisations cinématographiques et la pratique de l’écriture scénaristique se ressent dans ces nouvelles. L’écriture, très poétique, fait ressembler certains récits à des contes tandis que d’autres s’apparentent plus à des anecdotes, parfois teintées de légendes.

Mes textes préférés, dans l’ordre du recueil, sont les suivants :

  • Neige est un récit teinté de réalisme magique et empli de douceur, qui ressemble beaucoup à Un señor muy viejo con unas alas énormes de Gabriel García Marquez avec ces personnages venus d’ailleurs.
  • L’interview d’Akhu Thöpa est un récit succulent ! Cette nouvelle est extrêmement bien structurée, pleine d’humour et de dialogues savoureux qui, au fil des rencontres, permettront d’en savoir toujours un peu plus sur la vie d’un homme passionné par les histoires populaires. (elle est d’ailleurs tellement bien structurée que mes connaissances en narratologie m’ont permis d’avoir un gros indice sur la fin… mais ça n’a pas empêché le plaisir de la lecture!)
  • Huit moutons est une magnifique nouvelle, très bien écrite, très belle et très juste, qui raconte les difficultés de compréhension entre deux personnes qui ne parlent pas la même langue et qui ne partagent pas la même culture. La fin est émouvante.

Je suis sûre que ce recueil ravira les fans des Racontars arctiques de Jørn Riel.

Préface :
« Nous vivons corps et âme emportés dans un constant maelström d’évènements divers sans réussir à obtenir le moindre moment de paix. Avoir ne serait-ce qu’un instant de tranquillité relève parfois de l’espoir le plus insensé.
Écrire est pour moi un moyen de parvenir à cette paix tant désirée du corps et de l’esprit.
Ma création littérature s’explique donc essentiellement ainsi.
En écrivant, on accède à une sorte d’état suprême où le corps et l’esprit prennent un rythme d’une lenteur merveilleuse qui permet de se détendre peu à peu ; on peut alors pénétrer dans le monde intérieur des personnages de l’histoire que l’on veut conter.
Je sens qu’il existe au fond de moi un espace de paix, et comme je tiens à le préserver, je vais continuer à écrire ces récits que j’aime tant. »

🗺 Comment je ne suis pas devenu moine, Jean-Sébastien Bérubé (éd. Futuropolis), 226 pages, 💛💛

Titre : Comment je ne suis pas devenu moine
Auteur : Jean-Sébastien Bérubé
Editeur : Futuropolis
Date de publication : 2017
Langue originale : français (Québec)
Genre : BD — Autobiographie — Récit de voyage
Nombre de pages : 226
Date de lecture : janvier 2018
Mon avis : Pas mal, 2,5/5, 💛💛

Jean-Sébastien Bérubé, québécois élevé dans la religion catholique, avait 26 ans (c’est-à-dire mon âge) lorsqu’il est parti de Montréal pour le Népal puis pour le Tibet afin de devenir moine bouddhiste. Un peu naïf et très idéaliste, le jeune homme bègue, fasciné par les paroles du Bouddha, se lance dans un voyage initiatique qui le mènera à reconsidérer sa décision.

Dans cette bande-dessinée autobiographique, il nous raconte ses premiers contacts avec les populations locales, ses randonnées, ses visites de temples, ses rencontres avec d’autres voyageurs aux profils variés et ses multiples déconvenues.

Ce fut une lecture agréable et dépaysante pour cette première BD de 2018, mais sans plus. Il faut dire que je ne suis pas fan des récits autobiographiques qui se contentent de relater des anecdotes de vie (ici: de voyage) sans vraiment prendre de recul ou sans parti pris narratif (en cassant la chronologie, par exemple). J’aurai voulu aller plus loin dans la réflexion, dans le cheminement personnel, et ne pas me contenter des faits.

Néanmoins, cette bande-dessinée très sincère aux graphismes dynamiques et expressifs m’a permis de retourner au Tibet (après ma découverte de Pema Tseden) et de comprendre des réalités contemporaines telles que les relations tendues entre autorités chinoises, tibétains et touristes occidentaux ou encore la pratique du bouddhisme au Tibet et au Népal.

Il m’a manqué un fil conducteur, malheureusement, et un peu de profondeur, mais j’ai tout de même fait un agréable voyage, dans un style narratif et pictural accessible à tous, aux côtés d’un Jeau-Sébastien Bérubé extrêmement honnête et humble.

D’autres conseils

Si vous aimez les biographies et que vous souhaitez prolonger le voyage dans l’Himalaya, je vous recommande mes lectures du Challenge Cold Winter de l’an dernier : deux bandes-dessinées de la collection Explora :

Alexandra David-Néel : Les chemins de Lhassa, Christian Clot, Christian Perrissin et Boro Pavlovic, éd. Glénat (coll. Explora), 💙💙💙
Tenzing : Sur le toit du monde avec Edmund Hillary, Christian Clot et Jean-Baptiste Hostache, éd. Glénat (coll. Explora), 💚💚💚💚

J’espère que cet article vous a plu. 🙂
Ca m’a fait plaisir de vous parler à nouveau de bande-dessinée
car j’en ai lu plein en 2017 mais je n’ai pas encore
pris le temps de vous les chroniquer.
On se retrouve bientôt pour mes coups de cœur BD
et pour un nouveau bilan du Challenge Cold Winter.
En attendant, n’hésitez pas à préparer votre PAL pour le PrinTemps de Lire ! 🙂

Mon bilan du Challenge Cold Winter 2017-2018
Escapades en Norvège 
Récits imaginaires au cœur de l'hiver
Escapades dans le grand Nord en moins de 200 pages

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9 réflexions au sujet de « [Challenge Cold Winter] Escapades dans les montagnes tibétaines »

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