[Avis lecture – Romans] Histoires d’amour, de folie et de mort en moins de 200 pages

Salut tout le monde ! 🙂

Aujourd’hui on va parler de romans qui évoquent la folie de façon plus ou moins autobiographique. Le titre de cet article reprend celui d’un recueil de nouvelles de l’uruguayen Horacio Quiroga, Contes d’amour, de folie et de mort (publié en 1917 et dont je vous ai déjà parlé dans cet article). Je l’ai choisi car, parmi les romans que j’ai lus récemment, deux évoquaient autant la folie que l’amour. Ils auraient pu se classer dans la catégorie « romance » mais c’est le thème de la folie qui m’a le plus marquée durant ces lectures. J’ai donc décidé d’en faire un article et d’y ajouter pour vous des lectures scolaires sur le même thème qui m’avaient particulièrement plu. Car parler de folie, c’est une jolie façon d’aborder des thèmes universels comme les conventions sociales, les rapports humains, la solitude ou encore les relations familiales conflictuelles.

Dans cet article :

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut (2016), 172 pages, 💚💚💚💚
L’amant, Marguerite Duras (1984), 142 pages, 😕💛
Le Perce-oreille du Luxembourg, André Baillon (1928), 195 pages, 💚💚💚💚

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut (2016), 172 pages, 💚💚💚💚

Titre : En attendant Bojangles
Auteur : Olivier Bourdeaut
Editeur : Finitude / Folio
Date de publication : 2016
Langue originale : français (France)
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 172
Prix littéraire : prix Goncourt du premier roman, grand prix RTL/Lire, prix du roman France Télévisions, prix Emmanuel-Roblès, prix Hugues Rebell, prix de l’Académie de Bretagne, et j’en passe !
Date de lecture : août 2017
Mon avis : Très bon livre, 4/5, 💚💚💚💚

La première fois que j’ai vu ce roman, en flânant dans une librairie, sa couverture originale en grand format m’a véritablement repoussée. Elle m’a marquée parce que je l’ai trouvée particulièrement moche (c’est mon avis personnel). Du coup, je n’ai même pas pris la peine de jeter un oeil à la quatrième de couverture. Quelques semaines plus tard, au détour d’une page internet, je lis un synopsis qui me plaît beaucoup. Je tape son titre dans un moteur de recherche et là je me rends compte qu’il s’agit de ce fameux roman dont la couverture m’avait tant déplu. De coups de cœur de libraires en critiques élogieuses, j’étais définitivement décidée à lire ce roman mais j’ai préféré attendre la version poche, espérant un changement d’illustration de couverture. Je l’ai acheté dès sa sortie chez Folio, en mai 2017, mais la folie – et c’est le cas de le dire – qui s’était emparée de ses lecteurs me donnait des attentes trop élevées et j’ai donc repoussé ma lecture plusieurs fois de peur d’être déçue.

Entre temps, j’ai lu pour la première fois L’écume des jours de Boris Vian, et je ne suis pas la seule à avoir trouvé que l’ambiance fantaisiste, poétique et musicale, à la fois légère et grave, du roman de Bourdeaut, rappelait celle de ce superbe classique du XXe siècle. Dans ce court roman, l’auteur évoque les thèmes de la folie, du mensonge et de l’amour, avec une superbe réflexion au sujet du « mensonge par amour« .

Pour nous raconter l’histoire de ce couple loufoque, imprévisible et attachant, les passages alternent entre le point de vue du fils et celui du père. Si j’ai trouvé le fils extrêmement touchant, j’ai été particulièrement charmée par les (plus rares) passages qui laissent parler le père, et j’aurais préféré en lire un peu plus de son point de vue.

Car au-delà de l’ambiance vianesque, c’est vraiment le style de l’auteur qui m’a séduite : une plume magistrale et magnifique, inventive et malicieuse. Les mots sont choisis avec soin, précision et délicatesse. Certains passages sont écrits en vers et je les ai trouvés particulièrement beaux et puissants.

Mention spéciale pour le personnage de Mademoiselle Superfétatoire qui, à elle seule, résume tout le génie de ce roman.

Malgré quelques longueurs, il s’agit d’un premier roman extrêmement maîtrisé et d’un auteur à suivre, assurément.

Extrait : « Lorsque je racontais ce qui se passait à la maison, la maîtresse ne me croyait pas et les autres élèves non plus, alors je mentais à l’envers. (…) Je mentais à l’endroit chez moi et à l’envers à l’école, c’était compliqué pour moi, mais plus simple pour les autres. »

L’amant, Marguerite Duras (1984), 142 pages, 😕💛

Titre : L’amant
Auteur : Marguerite Duras
Editeur : les éditions de Minuit
Date de publication : 1984
Langue originale : français (France)
Genre : Autofiction — Contemporain — Romance
Nombre de pages : 142
Prix littéraire : prix Goncourt, prix Ritz-Paris-Hemingway
Date de lecture : août 2017
Mon avis : Bof, 2/5, 😕💛

J’ai d’abord décidé de lire ce roman dans le cadre de mes Escapades littéraires au Viêt Nam, car Marguerite Duras a vécu en Indochine pendant toute sa jeunesse et que cette autofiction se passe près de Saïgon, mais j’ai finalement retrouvé assez peu de Viêt Nam dans ce court récit. C’est avant tout une histoire d’amour, mais ce qui m’a particulièrement marquée, c’est la relation de la narratrice à la folie de sa mère.

Il s’agit du troisième roman de Marguerite Duras que j’ai l’occasion de lire, après La pluie d’été et Emily L., et il m’a beaucoup déçue. Autant j’avais apprécié les deux autres (moins autobiographiques), autant ce roman aux multiples prix littéraires et aux belles promesses n’a pas réussi à me toucher profondément.

L’écriture de Marguerite Duras est superbe, c’est indéniable, mais j’ai trouvé dans ce livre trop de lenteurs, trop de longueurs : des retours en arrière interminables et des passages sans intérêt qui ne donnent pas envie de continuer à le lire. J’ai constamment eu du mal à me motiver à reprendre ma lecture et, s’il avait fait plus de 200 pages, je pense que je l’aurais abandonné. Il est probable que cela soit dû au fait que Duras évoque ici des thèmes qui ne me parlent pas suffisamment, comme la folie d’une mère ou les amours adolescentes interdites.

Car les trop rares passages qui m’ont plu sont bluffants : les mots de Duras sont d’une justesse bouleversante. On retrouve en effet dans ce roman cette écriture du non dit, qui cherche à évoquer des choses difficiles sans en dire trop, tout en s’émancipant à la fois littérairement et intérieurement des interdits auxquels était confrontée cette jeune femme amoureuse.

Je pense simplement que ce livre n’était pas fait pour moi.

Sachez qu’il a été adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1992 et réécrit par l’autrice sous le titre L’amant de la Chine du Nord.

Extrait : « Ce grand découragement à vivre, ma mère le traversait chaque jour. Parfois il durait, parfois il disparaissait avec la nuit. J’ai eu cette chance d’avoir une mère désespérée d’un désespoir si pur que même le bonheur de la vie, si vif soit-il, quelquefois, n’arrivait pas à l’en distraire tout à fait. »

Le Perce-oreille du Luxembourg, André Baillon (1928), 195 pages, 💚💚💚💚

Titre : Le Perce-oreille du Luxembourg
Auteur : André Baillon
Editeur : éditions Rieder / Espace Nord
Date de publication : 1928
Langue originale : français (Belgique)
Genre : Non-autobiographie
Nombre de pages : 195
Date de lecture : début 2013
Mon avis : Très bon livre, 4/5, 💚💚💚💚

On remonte encore dans le temps avec ce roman publié en 1928 que j’ai lu dans le cadre de mes cours d’histoire de la littérature. Le narrateur du Perce-oreille du Luxembourg, interné dans un hôpital psychiatrique, écrit ce récit semblable à une autobiographie pour revenir sur sa vie et essayer d’en comprendre les évènements et leur enchaînement. En fait, il tente d’éclaircir les symptômes de sa folie. Il réussit à présenter la forme de folie qui est la sienne avec une grande lucidité et décrypte sa propre façon de voir le monde, qu’il sait différente de celle des autres hommes. Il aborde également l’incompréhension totale du monde médical face à ses actes et arrive, avec brio, à faire entrer le lecteur dans sa logique.

Ce classique de la littérature belge est un texte à la fois poignant, ironique et saisissant, qui évoque la difficulté des relations sociales et le pouvoir significatif du langage.

À lire absolument !

Extrait : « Vingt-cinq ou cinquante, je suis à l’hôpital, dans un de ces isoloires que l’on a l’obligeance d’appeler : un chalet. Dire qu’à l’école, je ne comprenais pas ce que c’était un euphémisme ! Il y a peu d’heures, je gonflais mes muscles pour détendre certains liens qui me sanglaient de partout. Une camisole de force, oui. On m’en a débarrassé. Elle m’attend sur une chaise, prête car on ne sait jamais. Mon voisin de chalet est là aussi, oh! Par amitié je n’en doute pas, mais également, si je m’en rapporte à certains regards, parce qu’on ne sait jamais.
C’est lui qui m’a passé des cahiers, un crayon :
– Écris, Marcel. Cela te soulagera. Tu verras clair en toi. »

Histoires d’amour, de folie et de mort en plus de 200 pages

Et si vous voulez lire des histoires de folie et de mort en plus de 200 pages, je vous conseille vivement ces deux excellents romans noirs, un peu ardus par leur style mais brillants, que j’ai également lus dans le cadre de mes cours de littérature :

Le Parfum : histoire d’un meurtrier, Patrick Süskind (1986), 280 pages, 💚💚💚💚
L’autre comme moi, José Saramago (2002), 348 pages, 💚💚💚💚

Et pour les cinéphiles, sachez qu’ils ont tous les deux été adaptés au cinéma (Le Parfum de Tom Tykwer avec Ben Whishaw, Dustin Hoffman et Alan Rickman (2006) / Enemy de Denis Villeneuve avec Jake Gyllenhaal et Mélanie Laurent (2013)) mais je n’ai pas encore vu ces films.

J’espère que cet article vous a plu.
Si vous avez lu l’un de ces grands classiques,
n’hésitez pas à me donner votre avis.

À très bientôt !

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