[Challenge] Bilan du Théâtrathon

Bonjour à tous ! 🙂

Aujourd’hui je vous présente le Théâtrathon, un marathon de lecture organisé par la booktubeuse Tête de Litote. Le principe est simple : il s’agit de lire (ou de relire) des pièces de théâtre, qu’elles soient classiques ou contemporaines, pendant une semaine. Il n’y a pas de contrainte de nombre de pièces ou de nombre de pages : c’est un défi personnel et totalement libre, qui permet de faire un petit focus sur ce genre littéraire et de partager nos conseils, avis et découvertes sur les blogs et réseaux sociaux.

Le seul point commun des livres dont je vais vous parler dans cet article est donc qu’il s’agit de pièces que j’avais envie de lire.

Dans cet article :

La Contrebasse de Patrick Süskind (1984), monologue de 92 pages, 💙💙💙
Djihad d’Ismaël Saïdi (2015), pièce de 61 pages, 💜💜💜💜💜
Les mouches de Jean-Paul Sartre (1943), drame en trois actes, 146 pages, 💙💙💙
En attendant Godot de Samuel Beckett (1952), pièce de 124 pages, 💙💙💙
Art, Yasmina Reza (1994), pièce de 121 pages, 💜💜💜💜💜

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

La première session du Théâtrathon a eu lieu en juin 2017, mais je n’avais pas pu y participer. J’ai donc attendu avec impatience la deuxième édition en me constituant une petite PAL au fil des mois. Ce défi m’a particulièrement motivée car cela faisait longtemps que je n’avais plus découvert de pièces de théâtre et c’était l’occasion parfaite ! 🎭

La deuxième session s’étalait du lundi 11 au dimanche 17 septembre 2017. Je m’étais fixée une raisonnable PAL de quatre pièces et j’ai réussi à tout lire sur la semaine. Dans cet article, j’ajoute à mes lectures du Théâtrathon mon avis sur Art de Yasmina Reza, première lecture de 2017 et coup de cœur dont je n’avais pas encore eu l’occasion de vous parler sur ce blog.

Je vous conseille vivement de participer à la prochaine session du Théâtrathon ou de prendre le temps de lire une ou deux pièces d’affilée. En effet, il peut vous semble difficile de lire du théâtre car c’est inhabituel, même pour un bon lecteur, et l’avantage de ce challenge, c’est qu’à force de lire des pièces on s’habitue à ce style particulier (didascalies – dialogues – noms de personnages – monologues – actes et scènes). Au final, c’est un peu comme lire plusieurs mangas d’affilée : au début on s’y perd dans le sens de lecture et au fil des pages ça devient fluide comme sur des roulettes !

Lecture n°1 :

La Contrebasse de Patrick Süskind (1984), monologue de 92 pages, 💙💙💙

Titre : La Contrebasse
Auteur : Patrick Süskind
Editeur : Le livre de poche
Première représentation : 22 septembre 1981, Cuvilliés Theatre (Munich)
Date de publication : 1984
Langue originale : allemand (Allemagne)
Genre : Théâtre – Monologue
Nombre de pages : 92
Mon avis : Bon livre, 3/5 💙💙💙

Patrick Süskind est l’auteur du célèbre récit Le parfum, histoire d’un meurtrier, roman qui m’avait beaucoup marquée, lorsque j’étais adolescente, par ses descriptions précises et ennivrantes des odeurs. Quand j’ai découvert cette courte pièce dans la bibliothèque de ma mère, j’ai eu envie de la lire pour découvrir une autre œuvre de cet auteur. Dans Der Kontrabass, l’écrivain allemand aborde de façon à la fois comique et tragique le rôle du contrebassiste au sein de l’orchestre.

Ce fut une lecture très sympathique, très divertissante, mais pas exceptionnelle.

Il faut dire que je ne m’y connais pas du tout en musique donc j’ai peut-être raté quelques éléments qui font tout le piment de la pièce, mais il me semble que celle-ci est justement destinée aux amateurs comme aux passionnés et que cet avis mitigé n’est donc pas un problème de culture générale.

La façon dont le discours du personnage principal évolue au fil du temps est très intéressante, c’est d’ailleurs, selon moi, l’une des grandes qualités de cette pièce. Le narrateur est particulièrement agaçant mais en même temps il arrive à être touchant, et c’était, je pense, l’effet recherché, donc cet aspect est également très bien mené.

Mais les réflexions sur la vie et sur la musique, amenées par bribes, auraient dû être plus creusées, selon moi, pour donner de l’ampleur et de la saveur au discours.

Une bonne pièce, donc, drôle et bien construite, mais qui ne m’a pas particulièrement marquée.

Lecture n°2 :

Djihad d’Ismaël Saïdi (2015), pièce de 61 pages, 💜💜💜💜💜

Titre : Djihad
Auteur : Ismaël Saïdi
Editeur : Jourdan / Librio
Première représentation : décembre 2014, Espace Pôle Nord (Bruxelles)
Date de publication : 2015
Langue originale : français (Belgique)
Genre : Théâtre – Contemporain
Nombre de pages : 61
Mon avis : Coup de cœur, 5/5 💜💜💜💜💜

Ayant entendu parler depuis plusieurs mois de l’engouement pour la pièce Djihad du belge Ismaël Saidi, j’aurais souhaité pouvoir aller en voir une représentation mais, à défaut de place, j’ai acheté le livre (fraîchement réédité chez Librio).

J’ai été émue dès la préface, qui retrace le parcours de la pièce depuis ses débuts difficiles (le titre, déjà, a suscité des refus) jusqu’aux salles combles et aux réactions plus qu’enthousiastes aux quatre coins de la France.

La pièce est extrêmement bien construite et je pense qu’elle est accessible et adaptée à tous les publics : dans cette édition, le texte est présenté avec un dossier d’analyse pour être étudié dans les écoles secondaires, et il est dit dans la préface que nombre d’étudiants ont eu la chance d’assister aux représentations et de poser toutes leurs questions.

Mais ce n’est pas parce que la pièce est « simple » qu’elle n’en est pas percutante pour autant ! Les personnages, fils d’immigrés cherchant à trouver une place dans une société qui les met d’emblée dans une case, à cause de la sonorité de leur nom ou des traits de leur visage, ne sont pas caricaturaux. Ils sont touchants, un peu naïfs mais pleins d’humour et d’empathie.

Je ne voudrais surtout pas en dire trop pour ne pas vous dévoiler l’intrigue, alors je dirai simplement que la pièce m’a émue aux larmes et fait réfléchir. Je vous encourage vivement à la lire : elle est très courte et, dans le contexte actuel, c’est le genre de sujet qu’il est nécessaire de traiter. Attentats, djihadisme, immigration, islam, intégration… ces mots sont partout dans les journaux. Mais que sait-on vraiment de ces jeunes qui sont amenés à se radicaliser ? La pièce dresse des portraits, évoque des histoires personnelles et nous invite à comprendre le destin de ses personnages.

Petit point patriotique pour terminer : les héros de la pièces sont belges donc il y a des références à mon pays, et c’est suffisamment rare pour le souligner. Mais au-delà de ça, c’est une pièce très contemporaine qui parlera aux plus jeunes car ils se reconnaîtrons dans toutes sortes de situations. Le langage utilisé est accessible et sans chichis : ce sont des « vrais » jeunes qui semblent nous parler sincèrement, avec leurs doutes identitaires et leur incompréhension de réalités politiques et idéologiques qui les dépassent.

Bref, lisez la pièce Djihad et faites-la lire à votre entourage !

Lecture n°3 :

Les mouches de Jean-Paul Sartre (1943), drame en trois actes, 146 pages, 💙💙💙

Titre : Les mouches
Auteur : Jean-Paul Sartre
Editeur : Folio
Première représentation : 2 juin 1943, Théâtre de la Cité (Paris)
Date de publication : 1943
Langue originale : français (France)
Genre : Théâtre
Nombre de pages : 146
Mon avis : Bon livre, 3/5 💙💙💙

Pour tout vous avouer, je me suis plongée dans cette pièce sans avoir aucune idée de ce dont elle parlait. Huis clos étant l’une de mes pièces préférées, je souhaitais en découvrir une autre de cet auteur. Et comme il se fait que les éditions actuelles de Huis clos sont toujours suivies de Les mouches et que j’en ai trouvé un exemplaire dans une boîte à livres, j’ai pris celle-là.

Moi qui ne voulait pas de tragédie antique parce que j’en avais trop lu pendant mes études et que je ne suis pas vraiment férue de mythes grecs, je me suis retrouvée à lire une pièce qui parle de la lignée des Atrides : ce sont Agamemnon, Clytemnestre, Oreste et Electre qui en sont les personnages principaux et, à la manière des tragédies antiques, Sartre invite sur scène à la fois des hommes et des dieux.

Au début, je n’ai donc pas du tout été emballée par le sujet. Mais au cours du deuxième acte, on découvre une intéressante réflexion philosophique qui nous fait découvrir la pensée existentialiste de Sartre. Les thèmes principaux de la pièce sont la liberté, la responsabilité individuelle et la condition humaine. Ils sont traités grâce à une histoire de vengeance impliquant divinités, communauté et individualités, le tout présenté d’une écriture fluide et franche. La pièce se lit vite et agréablement.

Une bonne lecture, donc, à remettre dans son contexte historique pour en comprendre la portée philosophique et politique, ou à déguster tout simplement comme une savoureuse tragédie classique.

Lecture n°4 :

En attendant Godot de Samuel Beckett (1952), pièce de 124 pages, 💙💙💙

Titre : En attendant Godot
Auteur : Samuel Beckett
Editeur : Les éditions de Minuit
Première représentation : , théâtre de Babylone (Paris)
Date de publication : 1952
Langue originale : français (Irlande)
Genre : Théâtre – Absurde
Nombre de pages : 124
Mon avis : Bon livre, 3/5 💙💙💙

Pour terminer ce marathon de lecture, j’ai voulu lire le célébrissime En attendant Godot de Samuel Beckett, pièce publiée chez les très exigeantes éditions de Minuit et qui s’inscrit (selon les théoriciens, mais pas selon l’auteur) dans un courant littéraire qui me fascine : l’absurde.

J’étais confiante, donc, en ouvrant le livre, mais j’ai eu du mal à rentrer dans la pièce, je me suis un peu ennuyée durant le premier acte car je l’ai trouvé trop long. Le second acte est bien mieux : plus rythmé, plus vivant, selon moi.

Les deux personnages principaux, Vladimir et Estragon, sont extrêmement attachants et touchants. J’ai moins aimé, par contre, l’autre duo qui fait sont apparition à deux reprises et qui impose terriblement sa présence.

C’est pour ces raisons, et peut-être aussi parce que j’avais d’immenses attentes, que la pièce m’a un peu déçue. Quelques semaines après ma lecture, je ne sais toujours pas exactement quoi en penser. Bien écrit, surprenant, lent, déroutant… je pense que j’ai besoin d’un guide de décodage comme ce fut le cas pendant mes études pour ces œuvres classiques. Décidément, les éditons de Minuit m’auront donné du fil à retordre !

Et vous, vous avez aimé cette pièce ?

Lecture Bonus :

Art, Yasmina Reza (1994), pièce de 121 pages, 💜💜💜💜💜

Titre : Art
Auteur : Yasmina Reza
Editeur : Actes sud / Folio
Première représentation : 28 octobre 1994, Comédie des Champs-Élysées (Paris)
Date de publication : 1994
Langue originale : français (France)
Genre : Théâtre – Contemporain
Nombre de pages : 121
Mon avis : Bon livre, 3/5 💙💙💙

Après avoir vu au théâtre la pièce Le Dieu du carnage de Yasmina Reza et analysé des extraits vidéo de Art dans le cadre de l’un de mes cours, je suis tombée par hasard sur le texte republié chez Folio en janvier 2017 (sachez que la pièce a également été adaptée au cinéma en 2011 par Roman Polanski). Je l’ai achetée sans hésiter et j’ai dévoré en une traite cette œuvre courte mais puissante.

J’ai adoré la réflexion sur l’art contemporain mais aussi sur l’amitié à l’âge adulte et sur le rôle de la psychanalyse. Les trois personnages ont chacun leur point de vue sur l’art, on peut ainsi s’identifier à l’un d’entre eux et remettre en question nos certitudes par le biais des échanges entre les trois amis.

Ayant personnellement une formation assez poussée en histoire de l’art et un intérêt pour l’art en général, le sujet m’intéressait tout particulièrement, mais la pièce peut parler à tout le monde car il s’agit simplement d’instants du quotidien, de discussions que nous pourrions tous avoir avec nos proches (et que j’ai déjà eues, d’ailleurs), et d’un thème universel traité avec brio tant dans les dialogues que pour les questions abordées et la psychologie des personnages.

La fin m’a bluffée, elle ajoute une ampleur à la réflexion, et j’adore cet aspect dans les livres que je lis.

Bref, un coup de coeur ! ❤😍🖌🎨🖼

J’espère que cet article vous a plu et
qu’il vous aura donné envie de vous (re)plonger
dans la lecture d’une pièce de théâtre !
Merci à Tête de Litote pour ce challenge ! 😀

À très bientôt ! 🙂

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