[Avis lecture – BD] Amérindiens et pionniers dans les grandes plaines de l’ouest américain

Bonjour à tous,

Aujourd’hui on continue nos escapades dans l’Amérique des pionniers avec trois bandes-dessinées lues récemment et une série qui a bercé mon enfance. J’aime particulièrement les BD historiques car elles permettent de découvrir en quelques pages des parcelles de l’histoire ou de redécouvrir le destin de personnalités ayant marqué leur époque, tout en bénéficiant de belles illustrations.

Dans cet article

Iroquois de Patrick Prugne, éd. Daniel Maghen, 💙💙💙
ÉtuŋwAŋ, Celui-Qui-Regarde de Thierry Murat, éd. Futuropolis, 💜💜💜💜💜
Geronimo de Matz et Jef, éd. Rue de Sèvres, 💛💛
Yakari (série) de Derib et Job, éd. Dargaud / Casterman / Le Lombard, 💚💚💚💚

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

Iroquois de Patrick Prugne, éd. Daniel Maghen, 103 pages, 💙💙💙

Titre : Iroquois
Auteur : Patrick Prugne
Editeur : Daniel Maghen
Date de publication : 2016
Langue originale : français (France)
Genre : BD – Historique – Aventure
Nombre de pages : 103
Mon avis : Bon livre, 3/5 💙💙💙

Iroquois est une bande-dessinée publiée chez Daniel Maghen, un éditeur que je ne connaissais pas du tout et que je suis ravie d’avoir découvert. Patrick Prugne nous emmène en 1608 sur les rives du Saint-Laurent, alors que Samuel de Champlain s’apprête à fonder le Québec. Il retrace son combat contre les Iroquois, seuls indiens à s’opposer au commerce florissant développé dans la région dans un climat de paix entre les populations. Champlain s’allie aux Hurons et s’embarque dans une traversée fluviale qui le mènera sur les terres iroquoises encore inexplorées par les français et se terminera par une bataille qui a marqué l’histoire du Québec.

J’ai été impressionnée par la qualité de cet ouvrage. Le livre est de grande taille, 25 x 30,5 cm, c’est-à-dire un peu plus grande que les BD que j’ai l’habitude de lire. La différence n’est pas énorme mais cela permet de mettre les dessins bien en valeur. Le choix du papier et le rendu de l’impression en font également un magnifique objet.

L’ouvrage est agrémenté d’un carnet de croquis qui présente les recherches de l’auteur sur la vie des Iroquois et des autres tribus amérindiennes, ainsi que des illustrations en double page.

Dans cet album, les dessins sont absolument époustouflants ! J’ai particulièrement apprécié les nuances de couleurs, l’importance accordée à la nature et aux jeux de lumière ainsi que la présence des animaux. On découvre ainsi la faune locale tout en suivant les aventures de nos héros.

Cependant, le scénario n’est pas à la hauteur des illustrations : il m’a semblé qu’il manquait un peu de contenu. Il y a de bonnes idées qui auraient mérité d’être un peu plus développée, mais c’est la bataille finale qui est mise au centre du récit. L’évocation des relations entre français et amérindiens, la vie de la jeune otage et la découverte de territoires méconnus sont autant de sujets abordés mais pas creusés.

Pourtant, on ressort tout de même de ce livre avec des impressions, des sensations portées par le format et les dessins : le silence oppressant de la forêt, la peur de l’inconnu, la recherche d’indices, l’appréhension de la guerre à venir… Toutes ces perceptions ne sont pas inscrites dans le scénario mais nous parviennent de façon très juste et restent en nous bien après avoir refermé le livre.

Une jolie bande-dessinée que je vous conseille au moins de feuilleter pour découvrir le style de dessins de Patrick Prugne qui nous permet une véritable immersion dans la beauté des paysages sauvages québécois.

Sachez que cette BD fait partie d’une série qui concerne les amérindiens et l’histoire de France, du Canada et de l’Amérique. Prugne est l’auteur de Frenchman (2011) et Panwee (2013), une duologie de récits qui racontent la vie d’un soldat français exilé en Louisiane qui vivra avec les indiens Minetaree. Sur le même sujet, il a aussi publié Canoë bay (2009), un récit d’aventure scénarisé par Tiburce.

ÉtuŋwAŋ, Celui-Qui-Regarde de Thierry Murat, éditions Futuropolis, 156 pages, 💜💜💜💜💜

Titre : ÉtuŋwAŋ, Celui-Qui-Regarde
Auteur : Thierry Murat
Editeur : Futuropolis
Date de publication : 2016
Langue originale : français (France)
Genre : BD – Historique – Drame
Nombre de pages : 156
Prix littéraire : Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique 2016
Mon avis : Coup de cœur, 5/5 💜💜💜💜💜

Véritable coup de cœur pour cette bande-dessinée forte, vivante, brute et poignante.

ÉtuŋwAŋ raconte l’histoire d’un photographe américain qui va se joindre à une expédition scientifique dans les montagnes Rocheuses en 1867. Cette expédition a pour but de cartographier de nouvelles zones et de découvrir des gisements d’or et de charbon ou de nouveaux territoires à coloniser. Joseph Wallace commencera par répertorier la diversité des paysages, puis sa rencontre avec les indiens sioux Oglalas va bouleverser sa vision de la photographie mais aussi sa vie, et il mettra tout en œuvre pour retourner auprès des indiens.

Le scénario, poétique, est d’une grande justesse. L’intrigue nous est livrée soit sous forme de journal intime (pour les passages où Joseph Wallace séjourne dans les plaines de l’ouest), soit sous forme de lettres écrites à son ami rencontré durant la première expédition (pour les passages où il est de retour chez lui à Pittsburgh), soit sous forme de dialogues (plus rares). Le texte est très bien écrit, très beau, parfois entrecoupé de passages des Fleurs du mal de Baudelaire. Comme il est rédigé soit sous les cases soit directement sur les dessins, l’absence de phylactères donne une place prépondérante aux illustrations.

Grâce à la forme épistolaire et aux journaux intimes, on s’attache très vite aux personnages. Ce récit émouvant dépeint une très belle amitié, un beau récit de vie, et entrelace parfaitement petite histoire et grande Histoire. Ainsi, l’histoire de la fin des peuples amérindiens et des débuts de la photographie sont racontées à travers la vie d’un homme solitaire et passionné qui rêve de créer une œuvre ethnographique qui raconterait et sublimerait tout ce qu’il a vécu auprès des sioux.

Les dessins sont simplement sublimes : exclusivement exécutés dans les tons sépia ou bleu foncé, tracés avec des traits noirs et épais, on sent que l’importance est accordée à la matière brute dans les fonds des images et dans le traitement des traits de pinceau. J’ai été particulièrement séduite par les ombres chinoises qui mettent en évidence des silhouettes noires, sans détails, sans artifices, qui nous montrent des scènes de vie.

Alors que Prugne mettait en exergue la faune et la flore pour dépeindre l’immensité des plaines de l’ouest, on retrouve dans la BD de Murrat des moyens de transport : le récit commence par un train, puis nous découvrons au fil des planches des calèches, de nombreux chariots (les fameux schooners) et des chevaux. C’est durant ces nombreux déplacements que Wallace va rédiger son journal intime. Ainsi, le temps du transport d’un point à l’autre est également un temps d’introspection pour notre héros. Ces convois marquent aussi un éloignement physique et psychologique de la vie menée en ville. Ces deux aspects (l’introspection et l’éloignement) sont les axes narratifs principaux de cette BD.

Que dire de plus pour vous encourager à lire ce magnifique ouvrage, si ce n’est que vous ne regretterez pas ce beau voyage.

Geronimo de Matz et Jef, éd. Rue de Sèvres, 120 pages 💛💛

Titre : Geronimo
Auteurs :
– Scénario : Matz
– Dessins : Jef
Editeur : Rue de Sèvres
Date de publication : 2017
Langue originale : français (France)
Genre : BD – Historique – Biographie
Nombre de pages : 120
Mon avis : Pas mal, 2,5/5 💛💛

Et voici encore une nouvelle maison d’édition que je découvre cette année ! Les éditions Rue de Sèvres publient des récits originaux mais également des adaptations de romans comme celles de Quatre sœursdu Horla ou d’Au revoir là-haut (qui est dans ma PAL).

Géronimo raconte l’histoire d’un personnage emblématique des luttes amérindiennes des années 1850 : le guerrier et médecin apache Goyahkla, qui se fera appeler Géronimo suite aux guerres qu’il mena contre les Mexicains. Porté par un désir de vengeance envers ceux qui ont décimé femmes et enfants de sa tribu, il résistera toute sa vie face aux blancs colonisateurs. L’ouvrage met en parallèle ses décisions avec celles de Chapo, un apache ayant fait le choix de collaborer avec les blancs en échange d’une semi-liberté sur les terres indiennes.

J’ai trouvé que les deux premières parties manquaient cruellement de contenu, alors qu’elles s’étalent tout de même sur 65 pages. La troisième partie est excellente et la dernière est assez bien. Dommage, donc, que le récit ait mis autant de tant à se déployer et que seuls quelques chapitres soient aboutis au niveau du scénario.

J’ai aussi été moyennement séduite par les dessins : je n’aime pas les visages ni la gamme de couleurs utilisés. Néanmoins, les paysages sont superbes et il y a quelques planches, que ce soit pour représenter le moment culminant d’un combat ou des paysages grandioses, qui sont vraiment très intéressantes : belles, dynamiques, elles apportent de la force à la structure du récit et sont d’une grande qualité visuelle.

Une bande-dessinée en demi-teinte, donc, qui comporte plusieurs éléments captivants comme certaines illustrations ou le parti-pris initial du scénario, mais qui manque de contenu et dont les dessins sont, selon moi, peu attrayants.

Sur le même thème… pour la jeunesse

Yakari (série) de Derib et Job, éd. Dargaud / Casterman / Le Lombard, 💚💚💚💚

Lorsque j’étais plus jeune, j’aimais beaucoup la série de BD Yakari, scénarisée par Job et dessinée par Derib, un duo suisse qui a publié 39 tomes de cette série mettant en scène un jeune sioux Iakota qui comprends et parle le langage des animaux : mustang, aigle, castor, ours, grizzly, bison, élan, puma, tous ces animaux d’Amérique du Nord vont croiser la route du petit indien au turban bleu orné d’une plume. Dès que j’allais à la bibliothèque, je fonçais au rayon BD pour voir si une nouvelle aventure de Yakari était disponible. J’avoue m’être un peu lassée en grandissant et au fil des tomes (j’ai lu jusqu’au 25), mais ça reste une très bonne série pour la jeunesse !

Encore de la lecture…

Retrouvez par ici mon autre article sur le même thème :
[Avis lecture – Romans] Amérindiens et pionniers dans les grandes plaines de l’ouest américain

Retrouvez par là une interview réalisée par Caroline du blog Elles l’ont fait :
Rien de tel que le blog littéraire d’Orianne

À bientôt pour de nouvelles aventures littéraires ! 😀

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