[Avis lecture – Romans] Amérindiens et pionniers dans les grandes plaines de l’ouest américain

Bonjour à tous ! 🙂

Me voici de retour pour une petite série d’articles qui présentent des livres très différents sur un même thème.

Au début du mois d’avril j’ai lu Gilead de Marilynne Robinson. Cette lecture m’a donné envie de lire d’autres livres sur l’Amérique des pionniers, ces ouvrages qui nous emmènent dans les grandes plaines de l’ouest et nous font partir à la rencontre des amérindiens, aussi bien aux USA qu’au Canada. C’est un thème assez vaste qui vous évoquera peut-être des personnages célèbres comme Buffalo Bill, Calamity Jane, Sitting Bull ou encore Laura Ingalls. On est donc vraiment dans des lectures qui retracent l’histoire de la construction des États-Unis en évoquant la conquête de l’Ouest, la guerre de Sécession, les guerres indiennes et les nombreux conflits qui opposèrent les pionniers aux mexicains. Mais au-delà de ces guerres dont l’issue à donné naissance aux USA tels qu’on les connaît aujourd’hui, ces histoires sont aussi le lieu où l’on découvre la constructions de petites villes qui deviendront grandes, la tentative de compréhension du mode de vie des peuples autochtones, la vie en communauté et l’homme face à une nature parfois particulièrement hostile entre plaines arides et domestication de chevaux sauvages.

Dans cet article, je vous présente deux romans lus en avril et mai 2017 ainsi qu’une petite sélection d’œuvres ayant marqué ma jeunesse.

Dans cet article :

Gilead de Marilynne Robinson, éd. Babel, 328 pages 💙💙💙
Le fils de Philipp Meyer, éd. Le livre de poche, 792 pages, 💜💜💜💜💜
La petite maison dans la prairie (série) de Laura Ingalls Wilder, 💜💜💜💜💜
Atala de François-René de Chateaubriand, 💚💚💚💚

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

Commençons par quelques illustrations, histoire de se mettre dans l’ambiance. 😀

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Gilead de Marilynne Robinson, éd. Babel, 328 pages 💙💙💙

Titre : Gilead (tome 1)
Auteur : Marilynne Robinson
Editeur : Actes Sud / Babel
Date de publication : 2004 (VO) – 2007 (VF)
Langue originale : anglais (USA)
Genre : Historique – Epistolaire
Nombre de pages : 328
Prix littéraire : Prix Pulitzer, National Book Critics Circle Award, Ambassador Book Award
Mon avis : Bon livre, 3/5 💙💙💙

Gilead est le premier tome d’une trilogie se déroulant dans l’Amérique de la fin du XIXe – début du XXe siècle. J’ai reçu ce roman en avril 2016 dans la box Exploratology. Parmi tous les livres que j’ai acquis dans cette box, c’est celui qui me tentait le moins au premier abord. Du coup, je l’ai laissé traîner dans ma bibliothèque. Un an plus tard, je l’ai emporté dans ma PAL de vacances de Pâques et le 1er avril 2017, j’ai décidé de me plonger dans cette lecture qui fut donc marquée par une ambiance maison-de-vacances et lecture-au-soleil-sur-la-plage.

Malgré ma peur de mettre du temps à me plonger dans ce roman au style particulier, l’incipit m’a plu instantanément. J’ai été embarquée dans l’histoire en deux pages à peine, ce qui promet souvent une très bonne lecture !

Ce récit est écrit sous forme d’une longue lettre qu’un père âgé, sentant sa fin proche, écrit à son jeune fils. Cet homme est pasteur et il raconte à la fois sa vie et celle de son père, pasteur lui aussi et fils de pasteur. Cette lettre, entre sermon, testament et journal intime, fait le bilan d’une existence enrichie par plusieurs générations d’hommes ayant vécu des époques difficiles (famine, guerre civile) mais pleines d’espoir grâce à leur foi et à la vie en communauté qui a permis de créer la petite ville de Gilead au milieu des pleines arides de l’Iowa. En toile de fond, le roman évoque les luttes contre l’esclavage et les rapports entre les noirs et les blancs dans les années 50, mais c’est principalement l’intériorité d’un homme, heureux d’avoir pu engendrer un fils d’un second mariage mais malheureux de ne pas pouvoir le voir grandir, qui est au centre de ce récit.

Les sujets abordés sont la foi, la famille, la relation père-fils, le mariage, la vie en communauté, la vieillesse et l’amitié.

J’ai adoré les passages où le narrateur conte une anecdote du passé et j’aurais aimé que ceux-ci soient soit plus longs soit plus nombreux afin de donner un souffle de suspens au milieu de ce récit introspectif.

C’est un beau roman, très contemplatif, emprunt d’une atmosphère à la fois lourde (la poussière, le passé, la famine, les rapports familiaux difficiles) et apaisée (l’optimisme, l’espoir, la foi, la prière), qui nous pousse à l’introspection et qui se lit donc avec lenteur.

Les thèmes évoqués dans les deux livres qui suivent – Chez nous (2009) et Lila (2015) -m’intéressent et m’intriguent. J’ai été particulièrement séduite par la plume de l’auteur mais moins par le rythme de ce roman, un peu trop lent à mon goût. Je ne sais donc pas encore si je vais me plonger dans la lecture des deux autres.

Extrait de l’incipit : « Cela paraît ridicule de s’imaginer que les morts puissent manquer de quoi que ce soit. Si tu es grand quand tu lis ceci – mon intention est que tu lises cette lettre une fois devenu adulte -, je serai parti depuis longtemps. Je saurai à peu près tout ce qu’il y a à savoir sur la mort, mais vraisemblablement je le garderai pour moi. C’est comme cela que ça se passe, on dirait. »

Le fils de Philipp Meyer, éd. Le livre de poche, 792 pages, 💜💜💜💜💜

Titre : Le fils (The Son)
Auteur : Philipp Meyer
Editeur : Albin Michel / Le livre de poche
Date de publication : 2014 (VO et VF)
Langue originale : anglais (USA)
Genre : Roman choral – Historique – Familial
Nombre de pages : 792
Prix littéraire : finaliste du prix Pulitzer 2014
Mon avis : Petit coup de cœur, 4,5/5 💜💜💜💜💜

Le fils est un roman choral de près de 800 pages qui relate l’histoire d’une famille texane sur quatre générations, de 1849 à 2012. Porté par trois voix, celle d’Eli McCullough (dit Le Colonel et appelé également Tiehteti), enlevé par les indiens Comanches à l’âge de onze ans, en 1849, qui nous contera sa vie jusqu’en 1881. Son fils, Peter, dont nous lisons le journal intime d’août 1915 à octobre 1917. Enfin, on suivra sa petite-fille, Jeanne Anne (dite Jeannie), née en 1926 dans cette famille devenue richissime. La vie de chaque personnage nous est contée de façon différente : un enregistrement vocal d’Eli tout juste centenaire racontant son histoire, le journal intime de Peter et enfin, un narrateur externe qui se replonge dans les souvenirs de Jeannie.

Le roman, qui retrace l’histoire du Texas en évoquant une famille de grand propriétaires terriens ayant fait fortune dans l’élevage puis dans le pétrole, a été l’un des trois finaliste du prix Pulizer en 2014 (finalement remporté par Donna Tartt avec Le Chardonneret).

Je dirais qu’à la fois, j’ai mis longtemps à entrer dans cette histoire et à la fois j’ai été instantanément plongée dedans. En effet, juste après l’avoir commencé, j’ai fait un rêve dans lequel j’étais dans un ranch au milieu du Texas, attendant avec anxiété la venue des indiens, exactement comme Eli dans l’une des premiers chapitres. Et puis il m’a fallu 200 pages pour être vraiment attachée à l’histoire et avoir enfin avidement envie d’en connaître la suite.

Je pense que tout cela est dû au fait qu’il s’agit d’un roman choral. Je ne suis pas particulièrement fan de ce genre de roman, surtout ceux qui entremêlent plusieurs époques, car à peine est-on rentré dans une péripétie qu’on doit déjà en sortir, et attendre 50 pages avant de la retrouver. C’est très frustrant ! Du coup, j’ai directement accroché à l’histoire d’Eli, car la première scène est bouleversante, mais il m’a fallu bien plus de temps pour accrocher à celle de Jeanne Anne parce qu’elle met plus de temps à décoller.

Une lecture qui a commencé en demi-teinte, donc, vu que je n’accrochais pas avec l’ensemble. Et pourtant, le fait d’entrelacer ces trois histoires donne de la force au récit. Entre les différentes époques relatées, le caractère de chaque personnage et le style qui varie pour chacun d’entre eux, ces trois récits auraient pu former un roman chacun, constituant ainsi une trilogie chronologique intitulée Les McCullough. Mais le récit du fameux fils – Peter – se doit d’être entrecoupé de celui de ses ancêtres et de ses descendants pour nous permettre de comprendre l’ampleur de sa détresse. La forme se justifie donc complètement ! J’ai néanmoins été un peu déçue d’en savoir si peu sur Charles, fils de Peter et père de Jeanne Anne et donc maillon indispensable de l’arbre généalogique. Mais dans l’ensemble, j’ai vraiment adoré ce roman !

Grâce à ses trois héros aux caractères bien différents, l’auteur s’attache à déconstruire les clichés des western tels que l’homme blanc civilisé utilisant des armes à feu s’opposant à l’indien gentil et proche de la nature. Dans ce roman, on vit pendant plusieurs chapitres avec les Comanches aux côtés d’Eli. L’amitié de Peter avec les familles mexicaines qui vivent dans le voisinage est décriée par ses proches. Enfin, Jeannie est confrontée aux différences de milieu (elle, la petite campagnarde se confronte aux jeunes citadines de son âge) et de fortune (elle est très riche) alors que la seconde guerre mondiale fait rage en Europe.

Ce roman historique est très documenté, truffé de mots qui m’étaient inconnus et de références à l’histoire des USA. Il n’est cependant pas nécessaire de s’y connaître pour l’apprécier : au contraire, il fait partie de ces lectures qui nous permettent d’apprendre plein de choses !

C’est un roman intelligent et subtil. Parfois abrupt, cru, cruel, violent mais d’une grande humanité. Il est de ces personnages dont le destin vous marque tout particulièrement, et je pense pouvoir affirmer que je n’oublierai jamais Eli, Peter et Jeannie McCullough.

Un petit coup de cœur que je vous recommande vivement si vous n’avez pas peur des pavés !

En avril 2017 (tout récemment, donc), le livre a été adapté en série tv par AMC avec Pierce Brosnan dans le rôle du Colonel. J’ai hâte de voir ce que ça va donner !

Extraits :

Eli : « Comme de bien entendu, les réserves manquaient de nourriture et les tentatives d’enseigner aux Indiens la supériorité de nos us et coutumes ne faisaient que les persuader du contraire. La sécheresse ou les sauterelles rendaient toute culture vaine et ils se retrouvaient entassés sur une superficie où ils n’auraient jamais imaginé que tant d’êtres humains puissent vivre. »

Peter :  »  Intéressant, comme endroit, lui dis-je, on va tout voir et tout entendre depuis la maison. J’imagine qu’il n’y avait nulle part d’autre où forer sur nos cent mille hectares.
– C’est ce qu’a dit le bâton de sourcier. Toujours faire confiance au bâton.
Parfois je n’arrive pas à savoir s’il me prend pour un idiot ou s’il en est un lui-même. »

Jeannie : « Il avait dû s’écouler un mois. Ou deux. Toujours est-il qu’elle se réveilla un matin avec le soleil et accepta l’absolue certitude que plus personne, jamais, ne s’occuperait d’elle. »

Sur le même thème…

Pour aller plus loin, je vous propose de découvrir (ou redécouvrir) deux séries, lues il y a des années, qui évoquent également les pionniers et les indiens dans l’ouest américain.

La petite maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder, 💜💜💜💜💜

J’ai passé la fin de mon enfance et le début de mon adolescence à lire la célèbre série La petite maison dans la prairie de Laura Ingalls Wilder, et j’étais totalement fan ! Publiée entre 1932 et 1943, cette autobiographie raconte la vie d’une famille de pionniers dans le Wisconsin puis dans le Kansas, dans le Minnesota et enfin dans le Dakota du Sud. J’ai dévoré les huit tomes, m’identifiant parfaitement à la jeune Laura et ses sœurs, me passionnant pour leurs péripéties et leur mode de vie si éloigné du mien. Des années plus tard, j’ai regardé quelques épisodes de la série télévisée par curiosité, mais je reste particulièrement attachée à ces romans que je vous conseille fortement !

Atala ou Les Amours de deux sauvages dans le désert de François-René de Chateaubriand, 💚💚💚💚

Tout aussi classiques mais bien plus anciens, j’ai lu, dans le cadre de mes cours d’histoire de la littérature française, Atala ou Les Amours de deux sauvages dans le désert (1801) et sa suite, René (1802), deux courts romans de François-René de Chateaubriand. Baignés par le courant romantique et la vague de conversion au christianisme de l’époque, ces récits se déroulent en Louisiane, dans la tribu des Natchez, et évoquent une histoire d’amour tragique. La beauté de la plume de Châteaubriand m’avait séduite, ainsi que le dépaysement provoqué par la découverte des coutumes amérindiennes.

À très vite pour un nouvel article sur le même thème,
dans lequel je vous parlerai de bandes-dessinées 🙂

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7 réflexions au sujet de « [Avis lecture – Romans] Amérindiens et pionniers dans les grandes plaines de l’ouest américain »

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