[Avis lecture – BD ] Escapades au Japon

Bonjour à tous,

En ce week-end des 48h de la BD, me voici de retour pour vous parler de mes lectures autour du thème du Japon. Après les romans et les mangas, je vous propose de découvrir deux bandes-dessinées très différentes que j’ai véritablement adorées. Ils ont tous les deux reçu le prix du jury œcuménique de la bande dessinée au Festival d’Angoulême. Je suis ravie de ces deux découvertes ! 😀

Dans cet article

L’encre du passé de Maël et Antoine Bauza, éd. Dupuis (Aire Libre) 💜💜💜💜💜
Le journal de mon père, Jirô Taniguchi, éd. Casterman (Ecritures) 💚💚💚💚

J’ai souhaité lire Le journal de mon père pour rendre hommage à Jirô Taniguchi, décédé en février. Je connaissais déjà d’autres de ses oeuvres, et celle-ci traînait dans ma PAL depuis bien trop longtemps. Quant à L’encre du passé, elle était aussi dans ma PAL depuis une éternité, et je suis ravie de l’en avoir enfin sortie. Le mois thématique spécial Japon a eu du bon ! 😉

LÉGENDE

 Pas aimé 😕
 Bof 😕💛
 Pas mal 💛💛
 Bon livre 💙💙💙
 Très bon livre 💚💚💚💚
 Coup de cœur 💜💜💜💜💜

L’encre du passé de Maël et Antoine Bauza, éd. Dupuis (Aire Libre) 💜💜💜💜💜

Titre : L’encre du passé
Auteur : Antoine Bauza
Illustrateur : Maël
Editeur : Dupuis (Aire Libre)
Date de publication : 2009
Langue originale : français (France)
Genre : Bande-dessinée
Nombre de pages : 78
Prix littéraire : Prix du jury œcuménique de la bande dessinée (Festival d’Angoulême)
Mon avis : Coup de cœur, 5/5 💜💜💜💜💜

Dès les premiers mots, la première planche, les premiers dessins, j’ai su que cet album allait me plaire. Il mêle la finesse, la poésie, la douceur, la tendresse, la délicatesse et la pudeur à l’art, la nature, l’apprentissage et la contemplation.

Incipit :
« Ne crains pas de douter, Atsuko. Pense à une marche épuisante. Les lacets et les sommets se succèdent et à chaque fois, tu t’efforces de croire que le dernier est enfin arrivé. Mais il y a toujours, derrière, une autre colline. Puis une autre, et une autre encore et c’est ainsi qu’on avance, l’esprit tourné vers la colline suivante, sans certitude. »

Antoine Bauza (au scénario) et Maël (au dessin) sont des auteurs français qui ont magnifiquement su rendre l’ambiance du Japon des XVIIe et XVIIIe siècle. On a envie de s’arrêter sur chaque case tant les dessins sont beaux. Le texte, quant à lui, va à l’essentiel: il n’est pas trop imposant, laissant se déployer le voyage contemplatif auquel nous invitent les images sépia, mais il est poignant de sincérité.

On y retrouve des thèmes et des modes de représentation que l’on associe volontiers au Japon ancestral comme la lenteur, l’art de la contemplation ou la pudeur des sentiments.

Ce récit raconte les liens entre l’art et les blessures du passé, les difficultés de la vie d’artiste et la force mentale dont il faut faire preuve pour pouvoir vivre de son art. Comme dans Emma (manga dont je vous ai parlé ici), il est question du lien tissé entre des jeunes gens (enfants, élèves, apprentis) et ceux qui les ont aidé à grandir (maître, précepteur, nounou). Parfois, ce lien s’effiloche au fil du temps, lorsque l’enfant devient adulte, mais l’attachement entre ces deux êtres reste profond.

Cette histoire m’a fait penser à un récit se déroulant en Chine, Comment Wang fo fut sauvé de Marguerite Yourcenar, et son pendant fantasy, Comment Blandin fut perdu de Jean-Philippe Jaworski : ces récits racontent la relation entre un maître artiste et son apprenti, ainsi que les pérégrinations de l’élève qui doit quitter son confort pour endosser son rôle d’artiste. L’apprentissage commence dès l’instant où l’on accepte de s’y consacrer, sur le chemin qui nous conduit à notre maître ou à la ville où l’on souhaite déployer son art.

Extrait :
« – L’apprentissage est un chemin très personnel, intime.
– Mais comment savoir si je suis sur le bon chemin ?
– Il n’y en a pas de mauvais : ils valent tous le détour. »

C’est une superbe bande-dessinée que je vous recommande vivement, à lire et à contempler : les personnages sont attachants, les paysages sublimes et le texte émouvant. Néanmoins, passez votre chemin si vous souhaitez une lecture avec beaucoup d’action.

Un coup de cœur !

Le journal de mon père, Jirô Taniguchi, éd. Casterman (Ecritures) 💚💚💚💚

Titre : Le journal de mon père (Chichi no koyomi)
Auteur : Jirô Taniguchi
Editeur : Casterman (Ecritures)
Date de publication : 1994 (VO), 1999-2000 (VF, 3 volumes), 2004 (VF, intégrale)
Langue originale : japonais (Japon)
Genre : Bande-dessinée
Nombre de pages : 274
Prix littéraire : Prix du jury œcuménique de la bande dessinée (Festival d’Angoulême)
Mon avis : Très bon livre, 4/5 💚💚💚💚

Comme je le disais plus haut, j’ai sorti cette bande-dessinée de ma PAL pour rendre hommage à Jirô Taniguchi, décédé en février. D’abord publiée en plusieurs tomes, elle fut ensuite rééditée sous forme d’une intégrale dont la forme me fait penser à un roman graphique. En effet, l’histoire se déploie comme celle d’un long roman et je n’ai pas du tout senti le premier découpage à la lecture de cette intégrale.

Le récit entremêle petite histoire et grande Histoire avec brio.

Lors du décès de son père, un homme va être amené à retourner à son village natal dans lequel il n’est plus venu depuis des années. Durant la veillée funèbre, il se rappelle, grâce aux anecdotes racontées par son oncle et sa sœur, son enfance puis son adolescence et enfin le moment où il a quitté ses proches pour aller étudier à la grande ville. Il découvrira peu à peu qui était son père et tentera de faire le point sur leur relation : les instants où elle a basculé ainsi que les bons moments qu’ils ont pu passer ensemble.

On suit donc en parallèle l’homme de quarante ans aux funérailles de son père – qui relate des sentiments et des souvenirs très personnels – et des évènements qui ont profondément marqué le Japon, notamment le grand incendie de Tottori en 1952, dont on aura une chronique très précise puis un aperçu des conséquences désastreuses.

La nostalgie qui emplit ce récit est portée par de superbes dessins en noir et blanc. Traits fins, visages travaillés, importance de la lumière, mise en avant des paysages, Taniguchi nous fait vivre son récit de façon très sensorielle. 

La façon d’évoquer sa jeunesse me rappelle Craig Thompson dans Blankets (publié en français dans la même collection et dont j’ai parlé ici ). C’est probablement pour cette raison que ce ne fut pas un coup de cœur : j’avais tellement aimé tous les aspects de Blankets qu’il m’a probablement manqué un petit quelque chose ici. Par exemple, j’avoue que j’ai parfois eu du mal à m’y repérer parmi le nombre de personnages (ceux du présent, ceux du passé), ce qui m’a déstabilisée plusieurs fois durant ma lecture. Cette BD reste néanmoins une très belle lecture, très émouvante, à la narration travaillée et structurée.

Extrait :
« Moi qui n’étais plus revenu dans ma ville natale depuis plus de dix ans, je découvrais peu à peu des facettes de mon père qui m’étaient inconnues. Je prenais conscience du fossé que j’avais creusé pour échapper à tout dialogue avec lui. »

Je vous la recommande vivement !

A très bientôt pour mon dernier article sur les lectures japonaises… 🙂

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Retrouvez ci-dessous les autres articles sur le thème du Japon :

• [Avis lecture – Romans] Escapades au Japon (30 mars 2017)

• [Littérature de jeunesse] Escapades au Japon (2 avril 2017)

• [Avis lecture – Manga] Escapades au Japon (5 avril 2017)

• [Avis lecture – Romans] Escapades au Japon en moins de 200 pages (27 avril 2017)

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4 réflexions au sujet de « [Avis lecture – BD ] Escapades au Japon »

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